Des résolutions de l’Onu qui ne sont pas appliquée

Depuis la proclamation de l’Etat d’Israël le 15 mai 1948 jusqu’à aujourd’hui, 4 guerres ont opposé Arabes et Israéliens, sans compter les nombreux accrochages qui ont eu lieu localement entre Palestiniens et Israéliens.
En 1993 est signée la Déclaration de principes, par laquelle des Palestiniens reconnaissent la souveraineté israélienne sur une partie de la Palestine historique, en échange du proche établissement d’un Etat palestinien sur les territoires occupés.

Or, en septembre 2000, des incidents éclatent et remettent à feu et à sang la région. Depuis lors, et alors que la tension connaît des bas et des hauts (surtout des hauts), les appels au calme et à la retenue pour revenir à la paix ne cessent de se faire entendre de toutes les parties du monde.

L’historien Elias Sanbar, rédacteur en chef de la Revue d’Etudes palestiniennes, écrit : “Les Palestiniens, dit-on aujourd’hui a posteriori, n’ont obtenu, après trois ans de négociations, que 2% de ce qui fut leur patrie, alors qu’en 1947 on leur en avait proposé 45% et qu’ils ont refusé. Regardez, leur dit-on, où vous a conduit votre intransigeance. Il faut dire trois choses à ce sujet : au moment de refuser les 45% de la Palestine qu’on leur propose, les Palestiniens ont une patrie entière. Ils sont 1 400 000 personnes face à une communauté juive de 600 000 personnes, composée à 95% d’immigrants venus d’Europe. Ils sont dans leur pays et ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient en abandonner plus de la moitié. Second point : lors des débats à l’ONU, les Palestiniens ne se cantonnent pas dans leur refus du plan de partage. Ils réclament l’indépendance et proposent la citoyenneté pour l’ensemble des habitants de la Palestine, y compris les 600 000 juifs” (Le Monde, Le partage de la Palestine, 30 novembre-1er décembre 1997, p. 14).

Elias Sanbar affirme : “(…) Il n’y aura pas de paix tant que les Israéliens ne mesureront pas l’ampleur du sentiment de sacrifice éprouvé par les Palestiniens, qui ont accepté de renoncer à une partie de leur terre en échange de la paix. Si les Israéliens ne mesurent pas cela, on restera dans le malentendu. Il faut le savoir : les Palestiniens n’ont pas signé cette paix parce qu’ils pensent que la Palestine n’est pas leur pays. Ils l’ont fait en sachant qu’elle est leur pays et que la paix vaut bien le partage de leur patrie en deux Etats.” “Si nous voulons résoudre le problème, il est impératif de séparer la dimension politique – objet de la négociation – de la dimension symbolique – que j’accepte mais qui n’est pas négociable. (…) On ne peut pas dire aux Palestiniens : vous devez partager l’esplanade des Mosquées parce que les Israéliens sont émus. Ils ne l’accepteront jamais. Il faut à tout prix que la négociation affronte la véritable question : celle de l’occupation. En 1967, la Cisjordanie, qui comprend Jérusalem-Est, a été occupée. Il y a des règles de droit international, les conventions de Genève. Des résolutions ont été adoptées par les Nations Unies. Si nous voulons résoudre le problème, il est essentiel de revenir à ces textes. Pour le reste – l’accès aux lieux saints [le Mur des lamentations], au quartier juif, tout peut être discuté” (Entretien avec Zeev Sternhell, Le nouvel Observateur n° 1875, du 12 au 18 octobre 2000, p. 18).

La paix, tout le monde en parle, tout le monde la veut. Il faut effectivement œuvrer en ce sens. Mais on parle d’œuvrer pour une paix juste et globale, on parle des accords internationaux qui stipulent que tout Etat a le droit de vivre en paix, et on n’est même pas prêt à appliquer les résolutions 194 (qui prévoit le retour de tous les réfugiés palestiniens) et 242 (qui prévoit le retrait de tous les territoires ayant été occupés en 1967) sans jouer sur les mots entre les versions anglaise et française.

En témoignent aujourd’hui les actes désespérés du peuple palestinien, qui s’oppose désespérément à toute une armée parce que même ce qui lui reste juridiquement de sa terre initiale est occupé. Occupé, il l’est bel et bien, ce reste : Jérusalem-Est (proclamée unilatéralement “capitale éternelle et indivisible” avec Jérusalem-Ouest), bande de Gaza (colonisée à hauteur de plus de 30 %), Cisjordanie (dont 59 % restent sous le contrôle exclusif de l’occupant, 24 % sous contrôle mixte, et seulement 17 % sont rétrocédés). Et en fait de rétrocession, celle-ci est assez singulière : le peuple palestinien n’y a même pas le droit de construire de nouveaux puits ! Sur sa propre terre…

Tous nous voulons la paix, mais comment ne pas s’attendre, en pareilles circonstances, à des actes désespérés de la part des Palestiniens ? Le 3ème “considérant” du préambule de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme ne dit-il pas : “Considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un Etat de droit, pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression”.

Wallâhu A’lam (Dieu sait mieux).

Laisser un commentaire