La chasse aux erreurs et la culture vautour
Quelques paroles de savants sur le Qila wa Qal, cette maladie qui divise actuellement les jeunes de la Oumma. Traduit par Al-Mourabitoune.
Parole du Sheikh Mohammad Nasirruddin Al-Albani
Ecoutes mon frère, je te conseille sincèrement, ainsi qu’à d’autres jeunes comme toi, qui résistez à un type de déviation - c’est en tout cas ce qui semble, et Allah sait mieux que tous - : ne perdez pas votre temps dans la réfutation en disant que tel et tel a ceci en lui, et que tel et tel autre a cela en lui. Voilà pourquoi : premièrement, il n’y a aucune connaissance en cela, et deuxièmement, parce que cette manie ne fait qu’engendrer l’hostilité et la haine dans les coeurs, et développer le mépris et la rancoeur. Donc, il ne tient qu’à toi de rechercher le savoir. C’est la connaissance qui te rendra claire la réalité du discours qui est à l’éloge d’une personne particulière, ayant beaucoup d’erreurs, et s’il mérite d’être considéré comme un innovateur. Cependant, pourquoi souhaitons-nous fouiller dans de telles affaires? En effet je vous conseille de ne pas fouiller dans de telles affaires. La réalité est que nous nous plaignons de cette séparation qui a lieu entre ceux qui s’attribuent la da’wah au livre et à la Sunnah - ou, comme nous l’avons dit - ceux de la Da’watus Salafiyyah et la plus grande cause de cette division, et Allah sait mieux que tous, est le fait de suivre ses caprices et désirs et les mauvaises insuflations provenant de son âme. Il n’est pas dû à la présence de différences dans les pensées et les idées. Voici donc, mon conseil sincère.
[ Silsilatul Houda wan-Noor 784/1, daté du 1er de Rabi' Al Awwal 1414 H ]
Parole de Sheikh ‘AbdulAziz Ben AbdAllah Ben Baaz
Ce qui est devenu banal à notre époque, est que beaucoup de ceux qui s’attribuent à la connaissance et appelent au bien, tombent dans la critique de plusieurs de leurs frères qui sont des Daa’iyh (prédicateur) bien connus, et touche à l’honneur des étudiants de la connaissance (Taleb al Ilm) et des prêcheurs (Daa’iyh). Ceci est parfois fait secrètement dans leurs cercles, parfois par le biais de cassettes ensuite distribuées aux gens, ou parfois publiquement mentionné pendant leurs rassemblements dans les mosquées. Et ce fait s’oppose au commandement d’Allah et de Son Messager , et ce, d’un certain nombre d’angles… Ainsi je conseille sincèrement ces frères qui sont tombés dans la diffamation et la calomnie des Daa’iyh, de se repentir à Allah, , pour ce qu’ils ont écrit avec leurs propres mains, et dit avec leurs propres langues ; ce qui peut avoir été la cause de la corruption des coeurs de certains jeunes ; remplissant leurs coeurs de haine et de méchanceté, et les éloignant de l’acquisition de la connaissance salutaire et de l’appel à Allah, car préoccupé par le Qila wa Qal (untel a dit ceci, untel a dit cela) ; et par les bavardages qui concernent cette personne et cette autre personne ; et en voulant à tout prix chercher les erreurs des autres, et les charger de celles-là. De même, je les conseille sincèrement de réparer ce qu’ils ont fait, et de se dégager de ces actions, à travers l’écriture, ou par d’autres méthodes. Ils devraient retirer ce qui a pu entrer dans les esprits et les pensées de ceux qui les ont écouté, et ils devraient commencer à faire des actions fructueuses qui les rapprocheront d’Allah, et qui seront d’un intérêt pour les croyants. Ils devraient prendre garde de se hâter de prononcer le takfir, le tafsiq ou le tabdi sur des personnes, sans véritable explication, et sans preuves établies. Le prophète a dit : “Celui qui dit à son frère : Oh Incroyant, alors cela retournera sur l’un des deux”et l’authenticité de ce hadith a été reconnue.
[ Extrait de "Majmou' Fatawa wa Maqalat Mutanawwi'ah" 7/311-314 ]
Parole de Sheikh Mohammed Ibn Salih Al-’Uthaymin
Il est essentiel pour un étudiant de la connaissance de préserver son temps du gaspillage. Et la perte de temps se réalise de plusieurs manières : premièrement, on laisse parler pour mémoriser et corriger ce que l’un a lu. Deuxièmement, on se repose avec ses amis et on se livre à un entretien vain et vide d’intérêt. Troisièmement, et ce comportement est le plus nocif de tous pour un étudiant de la connaissance : celui qui n’a aucun souci excepté celui de poursuivre les déclarations des personnes avec tel a dit ceci et tel a dit cela ainsi que ce qui arrive et qui a lieu concernant une affaire qui ne le regarde pas. Et il n’y a aucun doute sur le fait que c’est une faiblesse de son Islam, puisque le Prophète a dit : une partie du bon comportement musulman consiste à ne pas s’occuper d’affaires qui ne le regarde pas. Et occuper quelqu’un avec le Qila wa Qala (”untel a dit ceci, untel a dit cela”) et l’interrogation excessive est de la perte de temps. Et c’est, en réalité, une maladie qui, quand elle se propage dans l’homme - nous demandons à Allah le bien-être - cela devient sa plus grande inquiétude. A cause de cela, il peut également parfois montrer de l’hostilité (’adaa) à quelqu’un qui ne mérite pas l’hostilité, ou montrer l’allégeance (walaa) à quelqu’un qui ne mérite pas l’allégeance, parce qu’il se soucie de problèmes qui ne font que l’éloigner de la connaissance, sous prétexte de “soutenir la vérité”, alors que ce n’est pas le cas ! Ce serait plutôt s’occuper d’une affaire qui ne le concerne pas. Si, cependant, un rapport vient à vous sans que vous l’ayez poursuivi ou recherché, alors toutes les personnes reçoivent des nouvelles, mais elles ne s’en occupent, et il ne devient pas leur plus grand souci. C’est parce que ceci préoccupe l’étudiant de la connaissance, le corrompt ; et n’ouvre pour la Oummah que la porte de l’esprit sectaire (hizbiyyah), qui divise alors la Oummah.
[ Extrait de Kitaboul 'Ilm page 204-205 ]
Parole de Sheikh ‘Abdullah Al-Ghunayman
Parmi les conséquences des actions de ces individus, il y a le fait de troubler les pensées de beaucoup de jeunes. Ainsi, en résultat, plusieurs jeunes ont dévié du chemin de la droiture et ont commencé à suivre celle de ceux - qui critiquent d’autres, et qui se sont tenues dans le chemin de la da’wah et ont bloqué le chemin d’Allah - établi pour eux. Une partie des jeunes, à cause de ces individus qui critiquent d’autres, ressentent maintenant un grand fossé entre eux et les savants, et gardent maintenant de grands doutes, les éloignant des savants. Certains ont commencé à classer des personnes par catégorie selon ce qu’ils entendent de ces personnes, disant : M. untel fait parti des Ikhwan, parce qu’il parle, visite ou s’assoit avec une personne des Ikhwan ; ou que tel et tel fait parti des Souroury ; ou tel et tel est des opportuniste [ c.-à-d. ceux qui souhaitent plaire à tout le monde, même aux dépens de la vérité ], … La chose étonnante est que ces personnes imaginent qu’en faisant ainsi, elles appliquent la méthodologie d’Al-Jarh Wat-Ta’dil. Cependant, ils ont adopté dans cette action, les chefs ignorants qui sont mal orientés et qui égarent les autres. Donc, il est du devoir de tout musulman de craindre Allah en ce qui le concerne, et ces âmes faibles ne représentent pas même un quart, ou un dixième de l’instruit.
Cela se trouve dans le hadith authentique : “Si Allah guide ne serait-ce qu’une personne par vous, cela vaut mieux que le meilleur choix de chameaux.” [d'après Al-Bukhari (2942), de Sahl Ibn Sa'd Radhi Allahu 'Anhu]. Cela signifie que cela est meilleur pour vous en ce monde. De même, celui qui égare ne serait-ce qu’une seule personne, supportera un grand fardeau ; comme Allah le dit, après avoir mentionné l’histoire d’un des fils d’Adam tuant son frère : à cause de lui, nous avons ordonné aux enfants d’Israël que celui qui tue une personne, en dehors de toute légitime défense ; ou tue une personne dans le but de semer la corruption sur la terre, c’est comme s’il a tué l’humanité toute entière[Sourate Al-Mâ'ida 5:32].
Ainsi, égarer quelqu’un de sa religion est de très loin un pire crime que de le tuer. Donc, les déclarations concernant des sujets de religion doivent être énoncés avec leurs preuves du livre d’Allah , ou de la Sunnah de son messager , et qu’en faisant de telles déclarations on ne devrait rechercher par là que le visage d’Allah ; et on devrait également mesurer si le mal résultant d’un tel discours ne sera pas plus important que le bien, ou que son intention n’est pas due à l’envie d’un individu particulier, ou par le fait de suivre sa passion.
[ Extrait de Al Hawa wa Atharuhu fil Khilaf 33-34 ]
Parole de Sheikh Mohammed Saleh Fawzan Aal Fawzan
Délaissez le fait de parler des gens, [de dire que] untel est hizbi… untel est ceci…delaissez le fait de parler sur les gens, prodiguez le conseil et appellez les gens à l’unité (Ijtima’ Al Kalimah), à ce qu’ils apprennent la science auprès des gens de science, aux études bénéfiques (Al Dirasat Al Sahiha), ou aux études religieuses, et cela est mieux, ou aux études “mondaines” qui te sont profitables ainsi qu’à la societé. Quant à se préoccuper du “untel a dit ceci et untel a dit cela” (Qila wa Qal), untel est fautif, untel a raison et untel ceci…celui là est celui qui propage le mal,divise (Yufareq Al Kalimah) et provoque la Fitnah (le tumulte)… Si tu remarques une erreur chez quelqu’un, conseille le en tete-a-tete, ne te mets pas dans une assemblée, untel a fait ceci et un autre a fait cela, tu le conseille seul à seul, ça c’est le conseil. Mais lorsque tu parles dans une assemblée sur quelqu’un, ce n’est pas un conseil mais une diffamation (Fadiha), de la médisance et c’est un mal.
Parole de Sheikh Saleh Aal Sheikh
Il n’est pas possible d’affirmer de manière catégorique que quelqu’un de bien précis, si ce n’est avec des conditions particulière, est bel et bien du mouvement untel (Al Jamaah Al Foulaniya), qu’il y est affilié et ainsi de suite. La plupart de celà n’est que conjecture (Dhounoun) et il est bien connu que les sujets liés à la religion ne se construisent pas sur des doutes (Dhounoun) mais uniquement sur des réalités. Le domaine de la prédication est que tu mettes en garde sur ces points là, sur l’esprit partisan (Al Hizbiyate) et ce qui s’en suit, que tu mettes en garde (avertisse) celui qui est dans ce cas-là, celui dont tu t’aperçois qu’il s’est éloigné de ce qui est juste par rapport à celà, il fait preuve de fanatisme pour un groupe particulier (Jamaat minal jamaate), il a de l’exagération, il appelle à ce que les gens s’affilient à ce mouvement et ainsi de suite, il le défend ainsi que ses fondements et ses principes, celui là il faut lui parler personnellement. Quant à s’adresser au grand public avec un sujet qu’il ignore à son niveau, il ne connait ni de groupe, ni rien de cela, celà provoque en lui des doutes sur le bien-fondé meme de l’observance de la pratique religieuse, comme cela s’est produit réellement. Donc, en ce qui concerne ce sujet, on ne dit ni que le prédicateur doit en parler de manière absolue, ni qu’il doit le délaisser de manière absolue, il doit l’aborder (en parler) dans les limites que lui a fixé la législation. Parler de ce sujet requiert de la science, de la sagesse et de la clairvoyance et la législation (Al Shariah) - comme celà est défini dans dans les règles - est venue pour concrétiser les “interets” (Al Massaleh) et les parachever et pour repousser les “inconvénients” (Al Maffassed) et les réduire. Parler de ces sujets selon ce qui concrétise les “interets” et repousse les “inconvénients” est ce qui est demandé, car la concrétisation des “interets” religieux est un point unanimement reconnu et la supression des “inconvénients” legaux est chose unanimement reconnue, mais concrétiser un “interet” mais qui est suivi de nombreux “inconvénients” n’est pas permis. Quelqu’un qui vient et tu lui fais la prédication et il est enthousiaste pour le bien (Makbul ‘alal Khayr) et tu lui dis des paroles sur untel et untel, et untel et le mouvement untel et untel, il se peut que sa conscience (’Aqlah) ne supporte pas celà et qu’il se mette a haïr le bien (Al Khayr) de manière générale.