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Dr Omar abdel Kafi un des plus éminents prédicateurs contemporains.

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , le 9 octobre 2008 par Omar ibn al Khattab

Le Cheikh Omar Abdelkafi Chahhata, est l’un des plus éminents prédicateurs contemporains. Il est une figure incontournable du paysage intellectuel et audiovisuel de nos jours, par son savoir et sa lucidité. Né à Minieh en Egypte, dans une famille de bonnes mœurs, Il a trois frères et deux soeurs. Son père était l’un des notables d’une tribu du Saïd égyptien, sa mère mémorisait une grande partie du Saint Coran. Le Cheikh Omar a mémorisé le Coran à l’âge de dix ans. Il était un élève studieux pendant toute sa scolarité. Docteur de la faculté de l’agronomie, il y a enseigné comme maître de conférence et était chercheur au Centre National de la Recherche. Professeur Omar Abdelkader a occupé plusieurs postes, il est entre autre membre de l’Académie de la Recherche Scientifique, membre de la comité des Sages qui fait partie de l’Union Mondial des Savants musulmans, il est aussi directeur du Centre des Études Coraniques de l’Institution du Prix Doubaï international du Saint Coran. Sa femme est la petite fille du savant Mouhib addin al-khatib, il a cinq enfants, trois garçons et deux filles, nommés respectivement: Ahmad, Bilal, Ammar, Houda et Nada. Après ses études à la faculté de l’agronomie, Cheikh Omar s’est intéressé à l’étude de la langue arabe, la rhétorique, la linguistique et la grammaire, ce qui lui permet à intégrer la faculté de la langue arabe et des Sciences islamiques, des études au terme desquelles il obtient le diplôme de Master en sciences religieuses. Le Cheik Omar Abdelkader été influencé par les enseignements des imams Abu Hanifa, al-Gazali, Ibn Taymiya et al-Basri. Il a commencé ses prêches de la prière du vendredi depuis 1972 ainsi que les conférences qu’il donnait deux fois par semaine (les lundis et les jeudis) pendant vingt ans( 1200 prêches du vendredi et 3000 conférences). Il a traité plusieurs sujets comme la biographie du prophète, l’explication de Sahih al-Boukhari, la femme musulmane ou encore la série de conférences sur la vie après la mort. Par son discours, le Cheik Omar Abdelkafi vise un public très varié. Il est apprécié pour avoir une approche à la fois simple et rationnelle de l’Islam. Ses conférences et ses émissions télévisées sont très suivies et appréciées et touchent toutes les couches sociales. Le professeur Omar Abdelkafi appelle chaque musulman à être efficace là où il est, pour contribuer à faire évoluer et mettre en pratique les valeurs éthiques de l’Islam qui sont la base de la civilisation humaine. Qu’Allah, exalté soit-il, lui donne la bonne santé et une longue vie pour qu’il puisse faire bénéficier les musulmans de son savoir.

Son site internet : http://www.abdelkafy.com

cheikh Al Albany

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , , , , , , , , , , le 14 mai 2008 par Omar ibn al Khattab

Son enfance…

Il est né en 1914 dans la ville de Ouchqou Dara qui était à l’époque la capitale d’Albanie, dans une famille pauvre mais pratiquante et connue pour les connaissances religieuses. Son père al Haj Nouh fut diplômé des instituts religieux de la capitale Othomane ” Istanbul “, puis il est revenu chez lui pour enseigner et éduquer les gens.
Lorsque le roi “Ahmed Zogho ” prit le pouvoir en Albanie, et décida de rendre le pays laïque imitant l’occident dans tous les domaines de la vie, le père prit peur et pressentit que le mal s’accroîtra. Alors il prit la décision d’émigrer en Syrie (Cham) pour sauvegarder sa religion et par crainte pour ses enfants des troubles. Son choix fut la ville de Damas dont il avait auparavant prit connaissance lors de son voyage pour le pèlerinage et ce qui le poussa à choisir cette ville ce sont les Hadiths rapportés sur les mérites de cette région et les invocations faites par le Messager -prières et bénédiction d’Allah sur lui- pour elle.

Le grand savant al Albany a terminé ses études primaires dans l’école de ” Jam’yat al Is’af al Kheiry ” à Damas avec un niveau élevé. Du fait de la mauvaise idée que se faisait son père sur les écoles publiques du point de vue religieux, il décida de ne plus le laisser aller à l’école, et lui prépara un programme structuré. De ce programme, il apprit le Coran avec le Tajwid, la grammaire et le Fiqh d’après le Madh-hab Hanafi. De même que des amis à son père ont participé à son enseignement des sciences religieuses et arabes comme on verra plus loin.

Il apprit de son père la réparation des montres jusqu’à devenir un des meilleurs réparateurs de la ville, et il commença à gagner sa vie de ce métier. Son apprentissage de ce métier et son émigration vers la Syrie (Cham) furent deux grands bienfaits d’Allah pour lui, et pour cela son père a un grand mérite car le métier de réparateur de montres lui permit d’avoir un grand temps libre pour pouvoir lire et étudier les livres, et l’émigration vers Damas lui permit de connaître la langue arabe et les sciences religieuses depuis leurs sources.

Vers la science du Hadith et l’importance qu’il lui donna…

Le cheikh al Albany se dirigea vers la science du Hadith alors qu’il n’avait que 20 ans à peu près, attiré par les articles qui paraissaient dans la revue “al Manar” publiée par le cheikh Mouhammad Rachid Rida -qu’Allah lui fasse miséricorde-.

Le premier travail qu’il entreprit dans le Hadith fut de recopier le livre : Al Moughni ‘an haml al asfar fil asfar fi takhrij ma fil ihya minal akhbar du Hafidh al ‘Iraquy -qu’Allah lui fasse miséricorde- avec des annotations.
Celui qui regarde l’effort du cheikh dans ce travail est étonné par son intelligence, par ses bonnes connaissances à ce jeune âge, et l’étonnement augmente pour son assiduité pour le rangement du livre, et pour sa bonne écriture.
Ceci fut pour lui le début d’un grand bien car il avait de plus en plus d’envie pour la science du Hadith jusqu’à que son père désapprouva sa préoccupation pour cette science et lui disait :

” La science du Hadith est réservée à ceux qui font faillite ! “.

Malgré tout cela, l’amour du cheikh pour le Hadith du Messager d’Allah -prières et bénédiction d’Allah sur lui-, et la distinction de l’authentique et du faible ne faisaient qu’augmenter. Et puisqu’il vivait sous la charge de son père qui avait à sa charge une grande famille, il n’avait pas les moyens d’acheter ce qu’il lui fallait comme livres qu’il ne trouvait pas dans la bibliothèque de son père qui était pleine de livres suivant le rite Hanafite.

C’est pour cela qu’il se dirigea vers la grande bibliothèque Adhahirya. Ceci fut un grand bienfait d’Allah sur lui car il y trouvait tout livre qu’il ne pouvait acheter, de même certaines librairies commerciales lui prêtaient des livres comme la librairie de Salim al Qouçaibany -qu’Allah lui fasse miséricorde- et la librairie arabe Hachémite (al Maktaba al ‘arabya al hachimya) de ‘Oubeid Ikhwane.

Son intérêt pour le Hadith et ses sciences est devenu sa grande préoccupation, jusqu’à ce qu’il lui arrivait de fermer sa boutique pour aller à la librairie Adhahirya et il y restait douze heures sans se lasser de la lecture, des annotations et de la vérification sauf pour les Salâts pour lesquelles il s’arrêtait. Et souvent il mangeait simplement dans la bibliothèque. Puis la direction de la bibliothèque décida de lui réserver une pièce pour lui seul, pour qu’il puisse faire ses recherches utiles dans la science, et aussi de lui donner la clé de la bibliothèque. Et là, pendant des années, le cheikh venait tôt le matin avant les employés qui eux retournaient chez eux à l’heure du Dhohr sans revenir, alors que lui, y restait ce qu’Allah veuille qu’il reste, et il lui arrivait de ne repartir qu’après avoir prié la Salât du ‘Icha.

Tous ceux qui le voyaient à l’époque dans la bibliothèque, savaient le degré de ses efforts et sa volonté de ne pas perdre de temps, jusqu’à que certains lui en voulaient car il était trop dans la lecture et l’écriture lorsqu’ils lui rendaient visite à la bibliothèque. Naturellement le cheikh était excusable car il ne voulait pas perdre son temps avec les longues salutations et bienvenues, il répondait aux questions qui lui étaient posées, tout en regardant dans le livre et sans relever son regard vers celui qui pose la question avec le strict minimum de mots suffisants. Parmi les fruits de ce grand effort béni, il y a eu :
- Takhrij ahadith al bouyou’ fi mawsou’ati al fiqh al islami (Recherche sur ceux qui ont rapporté les Hadiths concernant le commerce dans la jurisprudence islamique), et d’autres ouvrages que l’on verra si Allah le veut.
- Celui qui lit l’introduction du cheikh dans Fahras makhtoutat al Hadith fil maktaba adhahirya (L’index des manuscrits du Hadith dans la bibliothèque Adhahirya), lorsqu’il parle sur la difficulté de retrouver une feuille perdue ou mal rangée, reconnaît la longue patience et l’énorme effort qu’il a entrepris pour servir la Sounnah purifiée.

L’appel à Allah exalté soit-Il…

Les Hadiths du Messager d’Allah -prières et bénédiction d’Allah sur lui- ont eu un grand effet sur la voie qu’entreprit le cheikh dans la science comme dans la pratique, et c’est comme ça que le cheikh prit la bonne voie authentique qui est de ne prendre que d’Allah et de Son Messager -prières et bénédiction d’Allah sur lui- seulement en s’aidant de la compréhension des grands Imams parmi les pieux prédécesseurs, sans aucun fanatisme pour l’un d’entre eux, mais plutôt c’est la vérité qu’il recherchait là où elle se trouve.

De là, il commença à contredire le Madh-hab Hanafi dans lequel il grandit. Son père -qu’Allah lui fasse miséricorde- s’opposait à lui durement, alors le cheikh lui démontrait qu’il n’était pas permis à un musulman de délaisser la pratique des Hadiths du Messager d’Allah -prières et bénédiction d’Allah sur lui- alors qu’ils sont authentiques et que certains Imams les ont mis en pratique quelque soit celui qui les contredit, tout en lui expliquant aussi que ceci est la voie de l’Imam abou Hanifa ainsi que les autres imams, qu’Allah leur soit clément.

Et c’est comme ça que les discussions ont commencé entre le cheikh al Albany et les autres savants. Il subit une grande opposition de la part de beaucoup de cheikhs fanatiques à leurs Madh-hab et des cheikhs Soufis et des charlatans innovateurs, et surtout des gens de la même origine que lui (la communauté albanaise de Damas) qui poussaient la masse contre lui en prétendant qu’il était un Wahhabite égaré et ils prévenaient les gens contre lui, alors qu’au même moment des savants connus de Damas étaient d’accord avec lui et l’ont encouragé à continuer dans son prêche. Parmi eux, il y avait le grand savant Bahjat Albaitar, le cheikh ‘Abdoul Fattah al Imam, le cheikh Tawfiq al Barzah et bien d’autres, qu’Allah leur soit clément. Le Cheikh al Albany n’en avait que faire des paroles des gens et de leur opposition, mais bien au contraire ceci ne faisait que le pousser à persister sur la vraie voie. Il s’éduquait à avoir la patience et à supporter le mal (qu’on lui faisait) et ceci comme application du commandement de Louqmane à son fils comme Allah nous le cite dans Son Livre

Et il est véritablement comme le dit sur lui un de ses élèves : « Il est comme la pluie qui ne regarde pas sur quelle terre elle va tomber ».

Le cheikh prit en main l’étendard du Tawhid et de la Sounnah, et visita beaucoup de savants de Damas et il y a eu entre lui et eux beaucoup de discussions sur des questions du Tawhid, l’attachement fanatique au Madh-hab et les innovations, et ceci, en compagnie du cheikh ‘Abdoul Fattah al Imam -qu’Allah lui fasse miséricorde- qui était à l’époque le président de l’association des jeunes musulmans.

Le cheikh -qu’Allah lui fasse miséricorde- donnait deux cours par semaine auxquels participaient les étudiants en religion et quelques professeurs d’université. Parmi les livres qu’il a enseignés, il y a :
1- Fath al Majid Charh Kitab at Tawhid (commentaire du livre de l’unicité) de ‘Abdour-Rahmane ibn Hassan ibn Mouhammad ibn ‘Abdil Wahhab.
2- Ar Rawda an Nadya Charh ad Dourar al Bahya.
3- Minhaj al Islam fil Houkm (la voie de l’islam dans la façon de gouverner) de Mouhammad Assad.
4- Ouçoul al Fiqh (les fondements de la jurisprudence) de ‘Abdoul Wahhab Khallaf.
5- Mouçtalah at Tarikh (la science de l’histoire) de Assad Roustoum.
6- Fiqh as Sounnah (la compréhension de la Sounnah) de Sayid Sabiq
7- Al Ba’ith al Hathith Charh Ikhtiçar ‘Ouloum al Hadith d’ibn Kathir de Ahmad Chakir.
8- At Targhib wa at Tarhib de al Hafidh al Moundhiri.
19- Ryad as Salihin (Les jardins des vertueux) de an Nawawy.
10- Al Ilmam fa Ahadith al Ahkam d’ibn Daqiq al ‘Id.

Mais il n’a pas pu terminer ces deux derniers livres à cause de certains cheikhs qui se sont plaints de lui auprès des autorités et il fut emprisonné à peu près six mois. Il avait déjà connu la prison avant cela en 1967 où il y resta un mois.

Le cheikh avait des voyages mensuels organisés, au début c’était pour une semaine par mois, puis ce fut trois jours par mois. Le cheikh allait dans les grandes villes comme Halab, Idlab, Alladhiqya, Salmya, Homs, Hama, Arriqah puis des voyages vers la Jordanie avant qu’il ne décide d’y résider dernièrement. Tous ces efforts et ces voyages eurent de très bons fruits, même s’il y avait l’opposition des gens de la passion, cela ne le décourageait pas à continuer.

L’enseignement à l’université Islamique de Médine…

Avec l’aide d’Allah, élevé soit-Il, puis des efforts continus, de bons ouvrages du cheikh ont vu le jour dans les domaines du Hadith, du Fiqh, de la ‘Aquida et autres qui ont montré aux savants ce qu’Allah lui avait donné comme compréhension authentique, grande science, grande compréhension du Hadith, de ses sciences, de ses narrateurs, ainsi qu’un chemin scientifique qui fait du Livre et de la Sounnah le juge et la balance dans tous les domaines, et tout ceci avec la compréhension des pieux prédécesseurs et leur voie dans l’apprentissage et du d’écoulement des règles et des lois.

C’est cette voie qu’entreprirent beaucoup de grands savants surtout le cheikh al Islam ibn Taymiya et ses élèves, et ceux qui les ont suivis.

Tout ceci rendit le cheikh célèbre, les savants retournaient à lui, les responsables des écoles de science reconnaissaient son degré. Ce qui poussa les responsables de l’université islamique (de Médine) lors de sa fondation, et à leur tête le cheikh et grand savant Mouhammad ibn Ibrahim Âl cheikh -qu’Allah lui fasse miséricorde- le président de l’université islamique à l’époque et le grand Moufti du Royaume d’Arabie Saoudite, de choisir le cheikh al Albany pour le poste de professeur du Hadith, de ses sciences et de sa compréhension à l’université. Le cheikh y resta trois ans, de l’année 1381h jusqu’à la fin de l’année 1383h, en enseignant le Hadith et ses sciences, et pendant cette période il était un bon exemple à suivre dans l’effort, la sincérité et la modestie. Ceci se voyait très bien dans ses assises avec les étudiants pendant les inter-classes et dans les voyages organisés par l’université. Et à cette époque, il était membre du Conseil de l’université.

Le retour du cheikh à Damas…

Le cheikh est retourné à Damas avec encore une plus grande volonté, et il rejoignit sa pièce qui lui était réservée dans la librairie Adhahirya, et il se remit à étudier et écrire, et il consacra tout son temps à cela. Il délaissa sa boutique (pour réparer les montres) à un de ses frères, puis à son fils après la mort de son frère -qu’Allah lui fasse miséricorde-. Son temps entièrement réservé à l’étude et l’écriture lui permit de présenter au monde islamique encore plus d’ouvrages utiles et de bonnes vérifications qu’on citera dans cette biographie.

argument en lui-même (à part entière) dans les croyances et les règles). Il visita l’émirat du Qatar et y donna une conférence avec pour titre : Manzilatou as-Sounnah fil Islam (la place de la Sounnah dans l’Islam). Il fut envoyé par la direction des recherches scientifiques, de l’Ifta et du prêche (Ryad - Arabie Saoudite) en Egypte, au Maroc et en Grande-Bretagne pour prêcher au Monothéisme et à la vraie voie islamique. Il fut invité à beaucoup de congrès. Il participa à certains et s’excusa à la plupart de ne pouvoir y participer à cause du manque de temps, vu le nombre de ses travaux dans la science. Il visita certains pays européens, il y rencontra les minorités musulmanes ainsi que les étudiants musulmans, et il y donna des cours importants.


Les ouvrages et les travaux scientifiques…

Le cheikh a laissé beaucoup de livres écrits par lui-même et des travaux scientifiques sur d’anciens ouvrages, dont certains ont été traduits dans d’autres langues.

[Ici l'auteur 'Acim al Qar-youty en cita 114 et j'invite les frères et les sœurs à retourner au texte arabe pour voir les titres. Quant à son élève cheikh ‘Ali Hassan al Halaby, il en cite 218 dans son livre Ma’a cheikhina Naçir as-Sounnah wad-Dine.] (Le traducteur)

D’après une biographie rédigée par aboul Achbal ‘Acim ibn ‘Abdillah al Qar-youty,
Professeur à l’université islamique de Médine, le 10 Cha’bane 1405h.
Traduit en français par : Abou ‘Abdir-Rahmane ‘Abdoullah Attantany

En compagnie de Cheikh Al Albany durant les 8 derniers mois de sa vie
raconté par son élève ‘Ali ibn Hassan Al Halabi Al Athari

Avant d’entamer mes propos concernant notre cheikh, notre père, notre professeur «Assad as Sounnah, littéralement : Le lion de la Sounnah » et la fierté des Imams, abou ‘Abdir-Rahman Mouhammad Naçiroud-dine al Albany-qu’Allah lui fasse miséricorde-, je noterais deux points très importants :

1 Le début d’un bien :
En effet l’année 1332 H, qui fut l’année de sa naissance, fut également l’année du décès du grand savant de Syrie Jamaloud- dine al Qassimi -qu’Allah lui fasse miséricorde-. En fait, cette année là, le ciel de la Syrie perdit une étoile qui laissa apparaître à sa place un astre nouveau.

2 Une belle fin :
L’année de sa mort, 1420 H, fut également l’année du décès du grand savant, le cheikh ‘Abdoul ‘Aziz ibn ‘Abdillah ibn Baz -qu’Allah lui fasse miséricorde-. Oui, à quelques mois d’intervalle nous perdîmes abou ‘Abdillah, puis ensuite, abou ‘Abdir-Rahmane, deux astres lumineux qui ont recouvert la planète entière, son ciel et sa terre, de lumière.

Telle fut l’interprétation du rêve pieux que fit plus d’un homme de bien à des moments proches et des lieux éloignés. En effet, il y a quelques mois certains virent en rêve deux étoiles immenses dans le ciel, leurs lumières éclairaient tout l’horizon, et c’est alors que l’une d’entre elle tomba puis l’autre suivie.

Oui, le monde est pratiquement dans les ténèbres après la perte de ces deux savants, eux, autour desquels Allah réunissait le bien, la science, la Da’wa, la ‘Aquida, le Minhaj et ce avec bonté et réforme.

Allah a permis, et à Lui le mérite, à l’auteur de ces quelques lignes, de tenir compagnie au cheikh abou ‘Abdir-Rahmane pendant 22 ans. Ce temps là, fut apprentissage bénéfique, amour, entraide et reforme. J’ai été dans les derniers moments, honoré d’une compagnie encore plus proche, dans sa maison, au sein de ses livres près de son bureau, pendant les huit derniers mois de sa vie bénie, marquée par la science, la vérification (des Hadiths). Cette vie finie par le bien et le bonheur -InchaAllah-.

J’ai pu constater de lui -qu’Allah le couvre de Sa Miséricorde- des moments forts dans la science prouvant son importance et la place qu’il occupait et j’en citerais certains à mes frères pour qu’ils puissent en tirer profit et en faire profiter d’autres :

· Lorsque je lui ai annoncé le décès de cheikh ibn Baz -qu’Allah lui fasse miséricorde- il ne put contenir le pleur et versa de fortes larmes et prononça de bonnes paroles sur lui.

· Il ne se languissait pas de s’asseoir derrière son bureau, pour écrire et vérifier des ouvrages, et ce, car ses enfants et petits-enfants lui apportaient les livres jusqu’au 50e jour précédant sa mort, car son corps devint faible et il perdit ses forces. Malgré cela, il resta sain d’esprit, n’était pas sujet à l’oubli, son cœur était fermement attaché au Coran et à la Sounnah.

Et comme on dit : « Si j’oublie, je n’oublierais pas », la conversation téléphonique que j’ai eu avec lui 30 jours environ avant son décès pour me demander de l’aider à retrouver un livre de Tafsir, lui appartenant. Il était différentiable, il se rappelait de sa forme, sa couleur… Mais malheureusement je n’ai pas pu l’aider à le reconnaître.

Notre frère abou ‘Oubadah ‘Abdoullatif fils de notre cheikh Mouhammad Naçiroud-dine al Albany, me raconta que notre cheikh lui demanda, 48 heures avant sa mort, de lui apporter son livre Sahih Sounan abi Dawoud pour y vérifier quelque chose qui lui tenait à cœur et qui lui préoccupait l’esprit.

· Dès l’instant où il ne put plus écrire de sa propre main, il dictait à ses enfants ou ses petits enfants certains Hadiths à écrire, et particulièrement dans la Silsila des Hadiths faibles et ils écrivaient donc de lui.

Et je me souviens encore il y a quelques mois à peine, lorsqu’il écrivit 18 pages pour dénoncer un Hadith Mounkar (parmi les Hadiths faibles) et il avait rassemblé sur sa table des dizaines de livres dont il en prit ce qu’il voulait et l’écrivit d’une façon superbe et remarquable, et en tira les morales et les remarques importantes. Et il ne fait aucun mystère pour celui qui écrit et publie, combien il est difficile pour celui qui écrit lui-même, de regrouper des textes qui se ressemblent dans des livres différents, alors que dire de celui qui, en plus, se doit de dicter cela aux autres et ne peut l’écrire lui-même.

· Je l’ai vu accorder une importance particulière au livre Al moudawi li’ilal al jami’ wa charhi al manawi de Ahmad ibn as-Siddiq al Ghoummari [..] Il examinait les propos de l’auteur et apportait des critiques et des remarques et discutait longuement. Et j’ai écrit de lui le 22 dhoul Qi’da de l’an 1419 H à son domicile les propos du cheikh concernant cet ouvrage: « Ce livre n’est pas bon, je ne conseille pas sa lecture sauf pour les grands étudiants appliqués ; Et si seulement quelques étudiants doués et forts prenaient la succession de ce travail en écrivant un livre pour le réfuter que l’on pourrait intituler Al Kâwi lil Moudawi et on y mentionnerait les Hadiths faibles, que lui considère authentiques, et les Hadiths authentiques que lui considère faibles… »

· Le dernier livre sur lequel travailla notre cheikh est Tahdhib Sahih al Jami’ as-Saghir wal Istidrak ‘alaïh. Il me répondit lorsque je l’interrogeais au sujet de ce livre : « J’entreprends cet ouvrage sous la suggestion de ma maladie et de ma faiblesse »
Son travail consista à authentifier ou non les Hadiths dont il n’avait pas encore analysé les chaînes de narrateurs, se contentant du jugement qu’en firent les savants et les Imams comme les Hadiths de Tarikh Dimashq (l’histoire de Damas) d’ibn ‘Assakir et Al Mou’jam al Awsat et Al Mou’jam al Kabir de at-Tabarany et autres…

· Mes dernières approches du cheikh m’apprirent de nombreuses choses et je considérais ses moments comme étant des cercles d’apprentissages intensifs. J’ai appris plus amplement la méthode du cheikh et sa minutie en voyant tous ses ouvrages, environ 150 manuscrits dont certains sont complets et d’autres encore inachevés.

· J’ai tenté, ces derniers temps de ne pas voyager pour ne pas quitter notre cheikh, et je me suis vu m’excuser à plusieurs reprises de voyager pour différents pays : l’Amérique, l’Allemagne, la Hollande, l’Espagne, l’Indonésie.

Mais je me suis rappelé qu’il fallait d’urgence partir en Arabie Saoudite pour renouveler ma carte de résidence, alors je demandai la permission à notre cheikh mercredi, et je ne savais ce que le destin nous réservait.

Je lui rendis donc visite après le ‘Icha, il était là, allongé sur son lit, le dos appuyé sur le bord du lit et je l’ai vu, par Allah, comme je ne l’avais pas vu depuis des mois : Le visage net, les yeux scintillants, la voix claire, l’esprit apaisé et je lui dis : « Par Allah ! Cheikh je n’aime pas me séparer de vous, mais ce qui doit être fait doit être forcément fait ».

Puis je lui expliquais l’obligation de mon voyage et il accepta cela de la meilleure façon en faisant des invocations pour moi et il dit: « J’espère qu’Allah te ramènera parmi ta famille en paix ! »

Puis je lui fit mes adieux. Le jeudi matin, je voyageai donc et j’arrivai à Riyad après la prière du Dhohr.
L’Annonce de sa mort

Le jour suivant, environ deux heures après la prière du vendredi, j’appelais depuis Riyad chez notre cheikh pour avoir de ses nouvelles. Ce fut sa femme -qu’Allah la fasse patienter et la rétribue- qui me dit que l’état du cheikh était le même que depuis ma dernière visite qui datait de moins de deux jours. Mais arriva le jour prévu :
Traduction relative et approchée : “Et lorsque leur date limite arrivera il ne pourront la devancer d’une heure ni la retarder.”

Nous avons effectué la prière du Maghreb à la mosquée de ad-Dira à Riyad, et ce fut le cheikh Abdoul’Aziz ibn ‘Abdillah Âl Cheikh le Moufti d’Arabie Saoudite qui guida la prière. Je rencontrais à la mosquée de nombreux frères comme le cheikh ‘Abdoul ‘Aziz as-Sadhan qui me fit faire la connaissance du Moufti que j’ai salué. Puis il m’interrogea sur l’état de cheikh Nacir, comme avait l’habitude de le faire ceux qui me voyaient en voyage, ou non, puis je lui répondis que la situation de notre cheikh restait inchangée, et qu’il était encore malade et que nous demandions à Allah qu’Il lui redonne force.

Et nous ne savions pas, à ce moment là, que notre cheikh était en train de mourir ou était mort. Entre le Maghreb et le ‘Icha se réunissait une assemblée de frères parmi les Toulab al ‘Ilm (étudiants), et par grâce d’Allah, lors de cette assemblée, la discussion tournait autour de cheikh al Albany et des efforts dont il faisait preuve dans la science. La première question fut celle du propriétaire de la maison qui évoquait des rumeurs concernant cheikh, l’accusant d’être un Mourji et d’être en désaccord avec Ahl as-Sounnah en ce qui concerne al Iman (la foi). Je lui répondis donc, grâce à Allah, par une réponse exhaustive tirée des grands savants anciens et contemporains, comme ibn Taymiya, ibn al Qayim et ceux qui les avaient suivis dans la science et la foi. Je m’attardais donc à démontrer que le Minhaj de notre cheikh était en accord avec le leur et ne le contredisait en rien. Et nous n’avions pas fini avec la première question, et pas entamé la deuxième que nous parvint la terrible information par un coup de téléphone, et ce, seulement 30 minutes après la prière du Maghreb, cheikh al Albany venait de décéder !

Il n’y a de vrai Dieu qu’Allah, c’est à Allah que nous appartenons et vers Lui que nous retournerons !

Allah a dit :

Traduction relative et approchée : “Et Nous n’avons attribué l’immortalité à nul homme avant toi. Est-ce que si tu meurs, toi, ils seront, eux, éternels.”S21 V34

Par Allah ! Ce fut un choc mais nous avons patienté et non faibli.
Il ne s’écoula pas plus d’une heure sans que tout Riyad entière fut au courant, puis la Mecque, puis Médine, puis…, puis…
Et c’est comme si la terre entière, en une petite heure, fut au courant de la mort de cheikh, s’attrista et pleura.
Et la tristesse qui se trouvait dans mon cœur était bien plus douloureuse et ma blessure plus profonde, car il se passa ce dont j’avais peur mais c’est vers Allah que nous retournerons !

En fait il s’est passé le contraire de ce que j’attendais, et ce que j’évitais à tout prix se passa (une sagesse certaine). Il n’y a de pouvoir et de force qu’en Allah !

Et le Prophète -prières et bénédiction d’Allah- a dit : « Et lorsqu’un mal t’arrive, ne te mets pas à dire : « Si j’avais fais ainsi et ainsi. » Mais dis plutôt : « C’est Allah qui a prédestiné et a fait ce qu’Il a voulu. » Car le « Si » permet à Chaïtan d’intervenir. » Rapporté par Mouslim d’après abou Houreira

Mais même si le cheikh est mort et fut enterré alors que je fus loin de lui, chose qui fut dure pour moi, j’eus tout de même le privilège, et le mérite revient à Allah, d’être le dernier à avoir parlé au cheikh et pour qui il fit des invocations, à l’avoir rencontré, serré sa main, hormis sa famille, alors Louange à Allah pour ce qu’Il a prédestiné et facilité !

Allah a dit :

Traduction relative et approchée : “Dis : Rien ne nous atteindra en dehors de ce qu’Allah a prescrit pour nous.”S9 V51

Le dimanche matin, environs deux heures avant la prière du Dhohr, l’avion en provenance de Riyad arriva à ‘Amman, et j’accourus près de la tombe du cheikh, essayant d’appliquer des Sounnah face auxquelles le cheikh était méticuleux, lorsque l’on manque la prière funéraire d’un proche ou d’un ami. J’ai donc prier sur lui, près de sa tombe, par 9 Takbir demandant à Allah pour lui la miséricorde, les hauts degrés et la compagnie des meilleurs parmi les adorateurs d’Allah pieux.

Je voyageais donc jeudi en saluant notre cheikh la veille, et je revenais dimanche alors qu’Allah l’avait choisi auprès de Lui, la veille également. Ce ne fut donc qu’une question de deux journées !!

· Il s’avère que le testament écrit de notre cheikh est daté du 27 Joumada al Awal 1410H, soit depuis 10 ans !! Toute sa vie fut sur la Sounnah (son vivant et sa mort).

Voici en fait 8 situations s’étant produites sur une période de 8 mois, la première étant la plus chère de ma vie et la dernière la plus dure pour moi.

Qu’Allah fasse miséricorde à notre cheikh,
Et qu’Allah nous réunisse avec lui parmi les pieux.
Car Il est proche et répond aux invocations !

Extrait de Ma’a cheikhina Nacir as-Sounnah wad-Dine par ‘Ali Hassan al Halaby. Traduction de Oummou Yassir


Le Dernier Testament de Cheikh Albany

Premièrement : Je recommande a ma femme, mes enfants et mes amis et à tous ceux qui m’aiment d’invoquer en ma faveur le pardon et la miséricorde lorsqu’ils apprendront mon décès et qu’ils ne pleurent pas sur moi d’une manière exagérée ou en élevant la voix.

Deuxièmement : Qu’ils s’empressent de m’enterrer et qu’ils n’informent de mes proches et mes frères que ceux qui seront nécessaires à ma préparation ! Et que se charge de mon lavage ‘Izzat Khadr abou ‘Abdillah, mon voisin et ami sincère et ceux qu’il désignera pour l’aider.

Troisièmement: Je choisis d’être enterré dans le lieu le plus proche, pour que ceux qui me porteront ne soient pas contraints de me transporter en voiture et qu’ensuite ceux qui suivent soient également contraints de prendre leurs voitures. Et que l’on m’enterre dans un vieux cimetière susceptible de ne pas être profané.

Et que ceux qui se trouveront dans le pays de ma mort n’informent pas mes enfants qui ne s’y trouvent pas, et encore moins les autres personnes, qu’après m’avoir enterré, et ce, pour que les sentiments n’entrent pas en jeu et qu’à cause de cela mon enterrement soit retardé, demandant au seigneur de le rencontrer alors qu’il m’a pardonné mes péchés antérieurs et ultérieurs…

Et je lègue ma bibliothèque entière, que ce soit des éditions ou des photocopies ou des manuscrits, de ma main ou d’une autre main, à la bibliothèque de l’Université Islamique de Médine, car j’y ai de bons souvenirs ayant attrait à l’appel au Coran et à la Sounnah, sur la voie des Pieux prédécesseurs, du temps où j’y enseignais. J’espère qu’Allah en fera profiter ses visiteurs tout comme Il fit profiter de son propriétaire les étudiants à l’époque.

Allah permet moi de remercier les bienfaits que Tu m’as octroyés, à moi et mes parents, et de faire de bonnes actions qui Te satisfassent et améliore ma descendance. Je me repentis à Toi et je suis du nombre des musulmans.

27 Joumada al Awal 1410 H (1990).

Tiré de la revue «Ma’a cheikhina Nacir as-Sounnah wad-Dine » , Traduction en français par Oummou Yasser

Conseil à tous les Musulmans par son Eminence Cheikh naçirou-dine al Albany ( qu Allah Lui fasse Miséricorde )

Louange à Allah. Nous Le louons, Lui demandons aide et nous Lui demandons pardon, et nous cherchons refuge auprès d’Allah contre nous-même et contre nos mauvaises actions. Celui qu’Allah guide il ne sera point perdu et celui qu’Allah égare il ne sera point guidé. Et je témoigne que Le Seul qui mérite l’adoration est Allah Seul sans associé et que Mouhammad -prières et bénédiction d’Allah sur lui- est Son serviteur et messager.

J’adresse ce message à tous les Musulmans, en particulier à nos frères partisans de la Da’wa bénie, Da’wa du Coran et de la Sounnah authentique, qui suivent le chemin des pieux prédécesseurs.

En tout premier lieu, je les appelle, ainsi que moi-même à craindre Allah -Tabaraka wa Ta’ala-.

En outre, je leur recommande d’accourir à l’apprentissage de la science utile, suivant la parole divine :
Traduction relative et approchée : ” Et craignez Allah et Allah vous apprendra “

Et qu’ils sachent que la science saine pour nous tous ne sort pas (au delà) du Livre (Coran) et de la Sounnah sur la voie des pieux prédécesseurs, et qu’ils assemblent avec leur science et leur recherche d’accroissement (de cette science), la mise en pratique de cette science selon leurs capacités, afin que cette science ne devienne pas une preuve contre eux mais plutôt pour eux !
Traduction relative et approchée : “Le jour où ni bien ni enfant profiteront sauf pour qui se présentera à Allah avec un cœur sain”

D’autre part, je les mets en garde de fréquenter un grand nombre de gens, qui par de très nombreux biais ont dévié du Minhaj Salafi. Tous ces biais se rejoignent dans le « Soulèvement » contre les musulmans et leurs communautés. Par conséquent, j’exhorte tous les musulmans à se conformer à l’ordre du Prophète -prières et bénédiction d’Allah sur lui-énoncé dans le Hadith authentique suivant : « Soyez frères, Ô adorateurs d’Allah, tel qu’Allah -Tabaraka waTa’ala- vous l’a ordonné ! »

Par ailleurs je vais répéter ce que j’ai dit lors d’une précédente assise puisque la répétition est toujours profitable : Nous devons nous montrer doux lorsque nous faisons la Da’wa aux antagonistes, nous devons toujours être en conformité avec la parole d’Allah -Tabaraka wa Ta’ala-.
Traduction relative et approchée : “Par la sagesse et la bonne exhortation appelle [les gens] au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon”

Nous devons d’autant plus user de toute notre sagesse envers ceux qui s’opposent le plus à nos fondements, à notre dogme, afin de ne pas regrouper le poids du prêche de la vérité dont Allah -’Aza wa Jal- nous a comblé, et le poids de la mauvaise manière de prêcher à Allah -’Aza wa Jal-.

Par conséquent, je souhaite que tous nos frères, de tous les pays musulmans, adoptent ces bons comportements islamiques et, à la suite de cela, qu’ils ne recherchent derrière cela que La Face d’Allah -’Aza wa Jal-, n’attendant de personne ni récompense, ni gratitude. J’espère que ces paroles seront suffisantes.

Louange à Allah, Seigneur des Mondes

Traduction de la cassette du : 22 / 07 /1419 h

Le Croyant sans peur et sans reproche: Cheikh Al Islam, Ibn Taymiyyah

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le 14 mai 2008 par Omar ibn al Khattab

Taqi Ed-Din Ahmed Ibn Taymiyyah né à Harran le 10 Rabi’ I 661H. Economiste, Théologien et jurisconsulte, appartenant au hambalisme. Issu d’une famille arabe qui avait donné à l’école hambalite deux hommes fort connus, son grand-père paternel Madjid Ed-Din (mort en 622H) et son oncle Fakhr Ed-Din (mort en 635H). Ibn Taymiyyah quitta sa ville natale avec son père Abd El-Halim (mort en 682H) et ses trois frères en 667H, devant l’arrivée des Mongols et se réfugia à Damas. Il fut très connu pour son militantisme.

Son père dirigeait la médersa es-Soukariya de Damas, où il fut formé. Parmi ses maîtres il y avait Chams Ed-Din Abdel Rahman El Maqdissi (mort en 682H) qui fut le premier Cadi El Qoudat (juge suprême) hambalite de Syrie. Il succéda à son père, comme directeur de la médersa, le 2 mouharam 683H, donna sa leçon inaugurale à la Soukariya. Un an plus tard c’est-à-dire le 10 safar 684H, il commençait son enseignement d’exégète coranique à la mosquée des Omeyyade. Il accomplit le pèlerinage a la Mecque en 691/novembre 1292, et fut de retour a Damas en 692/25 février 1293. Il composa son premier grand ouvrage en 693/1293 dont le titre est le Kitab el-sarim el-masloul ‘ala chatim er-Rassoul.

Le 17 cha’ban 695H, Ibn Taymiyyah donnait son premier cours à la Hambaliya, la plus ancienne médersa hambalite de Damas, où il succédait à l’un de ses maîtres Zin ed-Din Ibn el-Mounadja, qui venait de mourir. En 696-9H, il fut chargé par le sultan El-Malik El-Mansour, d’exhorter les gens au djihad contre le royaume de Petite-Arménie.

C’est en 698H qu’il composa, à la demande des habitant de Hama (Syrie), une de ses plus célèbre profession de foi “El Hamawiya El Koubra” (la grande Hamawiya), très hostile à l’ash’arisme (c’est une doctrine dont 1′école enseigne une voie intermédiaire en l’école mou’tazila et celle des orthodoxes). Ses adversaires firent alors porter, de nouveau leurs attaques sur son credo et mirent en cause la rectitude de sa profession de foi “Wassiliya” écrite peu de temps avant la venue des Mongols à Damas.

Deux conseils se tinrent, les 8 et 12 radjab 705H chez le gouverneur El-Afrem, de Damas. Le deuxième conseil, auquel participa Safi ed-Din El-Hindi (mort en 715H), un disciple de Fed-Din er-Razi (mort en 606H), constata que la Wassiliya était conforme au Coran et à la Sounna.

Un troisième conseil se tint chez le gouverneur, le 7 cha’ban, à la demande du sultan. La Wassiliya ne fut pas condamnée, et le cadi shafi’ite Ibn Es-Sarsari (mort en 723H) disciple Mahmoud El-Isphahani (mort en 688H) donna sa démission. Les deux adversaires furent finalement mandés au Caire, où ils arrivèrent le 22 Ramadan 705H. Le lendemain même de son arrivée, ibn Taymiyyah comparut devant un nouveau conseil, qui se tint a la citadelle et auquel participaient, à côte de quelques hauts dignitaires de l’Etat; les quatre Juges suprêmes d’Egypte. Accusé d’anthropomorphisme ibn Taymiyyah fut condamné à l’emprisonnement. Il resta enfermé à la citadelle du Caire pendant près d’un an et demi. Jusqu’au 26 R 707H.
C’est au cours de cet emprisonnement, que cette anecdote fut rapportée : «Ibn Taymiyyah fut mit avec les détenus du droit Commun et enseigna huit à dix heures par jour le fiqh (la jurisprudence), la loi islamique, et le Hadith (la tradition). Grâce à cet enseignement, certain détenus du Droit Commun, après leur libération finir, pour certains d’entre eux comme Cadi (juge) et d’autres comme Imam.

Lorsque les autorités eurent vent de l’affaire, il le transfèrent dans une autre prison, et l’isolèrent dans une cellule.
Remis en liberté, mais non autorisé à retourner en Syrie, Ibn Taymiyyah, qui continuait de dénoncer toutes les innovations (bid’a) qu’il considérait comme hérétiques se heurta bientôt à deux des Soufis les plus influents d’Egypte : Ibn ‘Ata ‘Alla (mort en 709H), un élève d’Abou El-Hassan E1-Moursi, et Karim Ed-Din El-Amouh (mort en 710H).

A la suite d’une manifestation populaire, il fut convoqué, en chawal 707H, chez le Cadi Shafi’ite Badr Ed-Din Ibn Djama’a qui l’interrogea sur la façon dont il comprenait la doctrine de l’intercession des saints Tawassoul el Istighata (L’intermédiaire et 1′aide d’une tierce personne) auquel il était contre. Autorisé à repartir pour la Syrie il fut cependant retenu au Caire emprisonne quelques mois, à la prison des juges.

Après sa libération, il se rendit en Syrie, lors de l’invasion Tartare. Encouragés par Ibn Taymiyyah, les habitants de Damas assurèrent eux mêmes la garde des murs de la cité. Le Cheikh Taqi Ed-Din Ibn Taymiyyah faisait chaque nuit le tour des remparts, incitant les gens à la patience et au combat, leur lisant les versets du Coran relatifs au Djihad et à la préparation constante au combat. Ibn Taymiyyah va remonter le moral des troupes qui se sont repliées de Hama. Il assure la victoire prochaine, a ceux qui doutent que la religion autorise de combattre les Tatars puisqu’ils sont devenus musulmans, il démontre non seulement la licéité mais la nécessité de mener contre eux le Djihad. “Si vous me voyez de leur côté”, dit-il, “serait-ce avec un exemplaire du Coran sur la tête, tuez-moi !”.

Selon Ibn Kathir, Ibn Taymiyyah a grandement contribue au succès mamlouk. Alors que le sultan envisageait de battre en retraite vers l’Egypte, c’est lui qui l’aurait convaincu de combattre. Il a donné une fatwa (interprétation) exemptant les combattants du jeûne et montra l’exemple en mangeant ostensiblement lui-même. Il a physiquement pris part au combat sous la bannière syrienne.

Lundi 14 Ramadan 702H, Ibn Taymiyyah revient à Damas; accueilli dans l’allégresse pour le rôle qu’il a joué dans la victoire.

L’arrivée au pouvoir de Baybars El-Djechnakir, proclamé sultan en 708H, allait rouvrir l’ère des persécutions. Dans la dernière nuit de safar 709H, Ibn Taymiyyah fut conduit, sous bonne garde, à Alexandrie, où il était assignés à résidence. Logé dans une tour du palais du sultan, on lui autorisa à recevoir ses visites et à écrire. Ibn Taymiyyah, pendant les sept mois que devait durer son exil, pu rencontrer à Alexandrie des Maghrébins de passage et composa d’important ouvrages. Entre autres une longue réfutation (perdue) de la Mourchi d’Ibn Toumart, et le Rad ‘ala el Mantiqiyin (la réponse aux logiciens, Bombay 1368H).

Rétabli sur son trône le 1er chawal 709H, Mohammed Ibn Kalawoun libérait Ibn Taymiyyah et le recevait en audience au Caire (Bidaya wa n-Nihaya “livre du Début et de la Fin”, tome XIV, page 53-54).

Ibn Taymiyyah était de retour au Caire le 8 chawal 709H. Il devait y faire un nouveau séjour d’environ trois ans. Parfois consulté par Mohammed Ibn Kalawoun (El-Malik En-Nasir) sur les affaires syriennes, il continuait de donner un enseignement privé et de répondre aux nombreuses consultations dont il était l’objet. Il entreprit, dès cet époque l’élaboration de son traité de politique juridique, le “Kitab Siyasa ech-chari’iya”, dont on peut situer la date entre 711H et 714H. Plusieurs des fatawi misriya (interprétations égyptiennes, Caire 1368H) datent aussi de cette période.
Une nouvelle menace mongole vite dissipée ramenait ibn Taymiyyah à Damas, où il arrivait, après un court séjour de Jérusalem, le 1er dhou el qa’da 712H. El-Malik El-Nasir, qui l’avait précédé d’une semaine, était parti pour le pèlerinage; de retour à Damas le 11 mouharam 713H, il prenait diverses mesures de réorganisation administrative et financière. Un nouveau gouverneur, l’émir Tankiz (mort en 740H), avait été, d’autre part, nommé a Damas en rabi’ II 712H.

C’est sous le proconsulat de Tankiz, qu’Ibn Taymiyyah vécut ses quinze dernières années. Promu comme un Mouchtahid persévérant indépendant, il eut pour principal disciple Ibn Qayim El-Djawziya (mort en 751H) qui fit beaucoup pour la diffusion de ses idées et partagea quelques-unes de ses persécutions. Les rapports entre Hambalites et Ach’arites restaient souvent tendus, comme en témoigne l’incident qui, en mouharam 716H, opposa de nouveau les deux écoles sur le problème du dogme (Bidaya wa n-Nihaya, “Livre du Début et de la Fin” d’Ibn Kathir. tome XIV, pages 75-76).

En 718H, une lettre du sultan interdisait à Ibn Taymiyyah de donner des fatawi (réponses canoniques) sur la répudiation contraires à la doctrine hambalite dominante. On lui reprochait de rejeter la validité de la réunion des trois répudiations en une seule et de considérer half (le serment) de répudiation comme un simple serment si celui qui le formulait n’avait pas l’intention de procéder réellement à une répudiation. Deux conseils se tinrent à ce sujet, sous la présidence, de Tankiz, en 718H et 719H. Un troisième reprocha à Ibn Taymiyyah d’enfreindre l’interdiction royale et le condamna à l’emprisonnement.

Ibn Taymiyyah fut sur-le-champ, arrêté et enfermé à la citadelle de Damas. Il y demeura un peu plus de cinq mois et fut libéré, le 10 mouharam 721H, par un secret d’El-Malik En-Nasir. Sa présence, durant les années qui suivent, est encore signalée dans divers incidents de la vie religieuse ou politique d’Egypte et de Syrie.

Le 16 chaban 726H, sans aucune autre forme de procès, Ibn Taymiyyah était de nouveau arrêté, et le droit de donner des fatawi lui était retiré, en vertu d’un décret du sultan, dont lecture était faite à la mosquée des Omeyyade. On lui reprochait sa Rissala sur “ziyarat el qobor” (réquisitoire sur la visite des tombes), dans laquelle il condamnait le culte des saints. Plusieurs de ses disciples furent arrêtés en même temps que lui. Ils devaient être relâchés peu de temps après, à l’exception d’Ibn Qayim El Djawziya (on trouvera le texte de la ziyarat el qobor, composé avant cette date).

Enfin, il y a les témoignages qu’Ibn Taymiyyah apporte lui-même; dans son principal fatwa anti-mongol, le grand Docteur se rappelle la conversation qu’il eut avec un Tatar : l’un d’entre eux s’adressa à moi en disant : « Notre roi est roi, fils de roi, fils de roi, jusqu’à sept aïeux, alors que votre roi est le fils d’un client ». Je lui répondis : « Les pères de votre roi, dis je, étaient tous des mécréants, et il n’y a pas a être fier d’un mécréant. Bien plus, un mamlouk musulman est meilleur qu’un roi mécréant ».

Parmi eux furent alors choisis des hommes de rang, des personnalités et des notables qui se rendirent avec lui à la cour du sultan des mongols, Ghâzân. Quand le sultan les vit, il questionna : “Qui sont ces gens ?’ - “Ce sont les autorités de Damas” lui répondit on.

Il leur accorda audience et ils se présentèrent devant lui. Le cheikh, s’avança le premier. Lorsque Ghâzân le vit, Dieu mit en son coeur un respect tellement grand à son égard, qu’il le fit approcher et s’asseoir, et le cheikh de se mettre à parler avec lui. Il l’informa du caractère illicite du sang des Musulmans. Il lui adressa rappels et admonitions. Ce à quoi Ghâzân répondit en obéissant. Grâce à Ibn Taymiyyah, le sang des Musulmans fut donc épargné, leur descendance protégée et leurs femmes sauvegardées.

A ce récit, El-Bazzar ajoute un témoignage qui lui a été transmis par une personne en laquelle il déclare avoir confiance et qui remonte au cheikh Ibn El-Munadja. Un des notables ayant participé à l’entrevue avec Ghâzân, nous rapporta ceci :
« Je me trouvais, en ce moment, avec le cheikh Ibn Taymiyyah. Il se mit, je veux dire le cheikh Ibn Taymiyyah, à parler au sultan Ghâzân citant les paroles de Dieu et de Son Messager sur la justice, etc. Elevant la voix contre le sultan, il s’accroupit et se mit à se rapprocher de lui tandis qu’il parlait, si bien que ses genoux furent près de coller aux genoux du sultan. Le sultan, avec cela, était totalement tourné vers lui, tendant l’oreille vers ce qu’il disait le fixant des yeux, sans se détourner. Du fait de l’intensité de ce que Dieu avait mis en son coeur comme amour et respect a l’égard d’Ibn Taymiyyah. Le sultan demanda à ses plus proches courtisans : “Qui est ce Cheikh ?” Il dit aussi quelque chose ayant cette signification-ci : “Je n’ai jamais vu personne de semblable a lui, personne dont le coeur plus ferme, ni rien qui ait eu plus d’impact en mon coeur que ses paroles, et je ne me suis jamais vu plus soumis à personne qu’à lui”.

On l’informa alors au sujet d’Ibn Taymiyyah, de sa science et de son action. “Aimerais-tu, lui demanda-t-il, que je restaure pour toi le pays de tes pères, Harran ? Tu t’y rendrais et il serait à toi ?”

- “Non par Dieu ! répondit Ibn Taymiyyah. Nulle envie ne me porte vers les lieux dont Abraham a migré, et je n’échangerai rien contre eux !”

Il se retira entouré de marques d’honneur et d’estime, Dieu ayant accompli à son égard ce qu’impliquait l’intention vertueuse qu’il avait eue de faire dont de lui-même pour chercher à épargner le sang des Musulmans, et lui ayant fait atteindre ce qu’il voulait. C’est aussi en raison de cette démarche que la plupart des prisonniers des Musulmans furent délivrés de leurs mains et rendus à leurs familles, et leurs femmes protégées».

Il n’a pas hésité à intervenir auprès des Mongols, lors de leur invasion de la Syrie en 699H, pour obtenir la libération des prisonniers Musulmans, Juifs et Chrétiens. Quatre ans plus tard, c’est à nouveau en faveur de captifs qu’il écrit a un seigneur croisé de Chypre. Au sire Jôhan, ex-roi de Giblet (ville située au Liban), il demande de libérer ses prisonniers musulmans ou de les traiter avec bienveillance et de s’abstenir de leur imposer le baptême. Il compléta sa missive par une leçon de religions comparées.

Ibn Taymiyyah se heurtait alors au juge suprême malikite Taqi E Din El-Ikhna’i, mort en 750H. Il trouvait aussi un autre adversaire influent dans la personne de ‘Ala’ Ed-Din El-Kounawi, un disciple d’ibn Arabi, qui, après avoir dirigé le Dar Said es-Sou’ada’ (la maison du plus heureux des bienheureux) au Caire, venait d’être nommé cadi suprême Shafi’ite à Damas.

Ibn Taymiyyah devait rester enfermé à la citadelle pendant plus deux ans. Il continua d’écrire et de donner des fatawi. De cette période datent plusieurs oeuvres qui nous sont parvenues et qui furent composées dans un but de justification doctrinale, en particulier le Kitab ma’aridj el ousoul “compendium des fondements” sur la méthodologie du fiqh “jurisprudence musulmane”, le raf el malam et le Kitab Radd ‘ala El Ikhna’i “La réponse a Ikhna’i” (Caire 1346H), où il s’en prenait à la personne de son adversaire avec violence et exposait longuement ses idées sur le culte des saints. Il admonestait les gens à éviter ce genre de culte qui n’agrée ni à Allah , ni a Son Prophète, Mohammed .

L’oeuvre d’Ibn Taymiyyah est considérable. C’est à la suite d’une plainte d’El-Ikhna’i auprès du sultan que, sur l’ordre de ce dernier, le 9 djoumada II. 728H, l’on retira à Taymiyyah ses livres, son papier, son encre et ses plumes, ce fut son arrêt de mort. Cinq mois plus tard, Ibn Taymiyyah mourut à la citadelle, le 20 dhou el qa’da 728H. Il fut enterré, au milieu d’un grand concours de population, au cimetière des soufya, où sa tombe reste toujours visitée.

LA VIE DE L’IMAM BOUKHARI

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le 14 mai 2008 par Omar ibn al Khattab

Il est trois heures du matin. Des myriades d’étoiles scintillent dans le firmament. Un lourd Silence plane sur la grande Cité de Bukhara. Toute la création d’Allah sommeille. Cependant l’épouse d’Ismaè.l, qui est un riche commerçant, prie. Comme à l’accoutumée, elle vient juste de terminer la lecture du Saint Coran en deux rakats et ses mains levées vers le ciel implorent la faveur du Tout Puissant pour que son fils, frappé de cécité, qui dort à son côté, recouvre la vue. Les larmes missellent sur ses joues et elle prononce ces mots

«O Allah I Si vous rendez la vue à mon enfant, le m’engage sôlennellement à l’initier dans votre voie et à lut apprendre le Saint Coran et les traditions (Hadiths) par coeur et il les enseignera aux autres.»

Le jour suivant, le Tout-Puissant exauça les prières de l’épouse d’Ismaèl et l’enfant recouvra la vue. Tout te monde parla du miracle du Saint Coran et bon nombre d’incroyants se convertirent à l’Islam. Quand cet enfant de 4 ans deviht adulte, il maîtrisa les traditions et il fut le maître des «Mohaddiçînes» (Ceux qui enseignent les traditions). Il se nommait Mohammad Bin Ismael Bukhari (R).
Imam Bukhari (RA) avait vu le jour au crépuscule d’un lundi 12 Chawwâl (19juillet 810). Ce fut également un lundi 12 Rabi - Ut - Awwal que notre Saint Prophète (saw) naquit. Ce qui incita le père de Bukitari à l’appeler Mohammad. Il était le cadet de la famille. Son frère aîné s’appelait Ahmad. A l’âge de six ans, Imam Bukhari (RA) apprit le Saint Coran par coeur par l’entremise de sa mère. Il maîtrisa la récitation du Saint Coran et nul ne put en faire autant dans toute la cité. Il reçut ses premières leçons religieuses de son père, qui fut aussi en son temps un érudit. Imam Bukitari (RA) écrivit dans son livre ‘Tarikh~-Kabir’ que son père fut l’élève de Hazrat Abdullah-Bin Mubarak (RA), lui-même le disciple de Allamah Ibn Ahmed Bin Youssouf Albekandi.
Imam Bukhari (RA) était doué d’une mémoire remarquable. A peine âgé de 14 ans, il avait appris dix mille haditits par coeur. Les étudiants qui apprenaient les traditions à Bukhara s’habituaient à le suivre comme s’il s’agissait d’un éminent maître. D’ailleurs, des personnages distingués venaient s’informer auprès de lui de ce que préconise la jurisprudence islamique concernant certains problèmes spécifiques.
Quand Imam Bukhari (‘RA) fut âgé de 17 ans, Sa mère se décida à faire un pélerinage (Hajj) en compagnie de ses deux fils Après un voyage pénible de plusieurs jours, ils arrivèrent à Hedjaz
où ils s’acquittèrent de leurs devoirs religieux. Ensuite, ils se rendirent à Médine (Madina Shariff)
pour se recueillir sur la tombe de notre Saint Prophète (saw)
Peu après, notre Saint Prophète (saw) apparût en rêve à Imarn Bukhari (RA) et lui ordonna de ne pas quitter Médine. Il y rèsta donc tandis que Sa mère et son frère retournèrent à Bukhara.
A cette époque, il y avait un institut, fondé par Hazrat Imam Malik. Ce dernier y avait réuni les traditions et y avait écrit un livre intitulé «Muatta». C’est là que Imam Châfi (R) avait appris les traditions de Hazrat Imam Malik. C’est aussi là que Imam Ibné Kasir avait complété ses études et avait mis le point final à son «Tafsirt~oran». De même, Hazrat-Sufian Thauri et Hazrat Fazal Bin Abbas y avaient terminé leurs études et s’en étaient allés propager l’Islam aux quatre coins du globe. Or, Imam Bukhari (RA) dut passer au même institut pour parfaire sa connaissance. Les maîtres d’alors étaient Imam Abou Al Walid et Allama Houmeidi. Imam Bukhari apprit les traditions de ces deux précepteurs et quelques unes de l’Imam Ahmad bin Hambal.
Après y avoir complété ses études, il s’en alla à pied à Basra, à Kufa, au Yémen, en Egypte et en Syrie d’où il recueillit les traditions de personnes dignes de foi et lettrées. Il maîtrisa plusieurs livres traitant les sujets les plus divers et il les apprit par coeur. Quant aux traditions, il était exceptionnel; il retint de mémoire quelque cent mille traditions et la perfection de ce don merveilleux résidait dans le fait qu’il se souvenait non seulèment du nom de chaque narrateur, mais aussi du jour et de la date de chaque récit. A cette époque, personne ne put l’égaler dans toute l’Arabie et La Perse. Quand le «Khatib» (celui qui prononce le sermon le Vendredi) écrivit l’histoire de Baghdad, il fit mention dans son livre que tout le monde des lettres le considérait comme le plus éminent professeur des traditions.
Hazrat Imam Bukhari (RA) relate qu’il avait vu en rêve que notre Saint Prophète (saw) s’asseyait et qu’il (Imam Bukhari) empêchait les mouches de s’approcher de lui. Le jour suivant, il s’enquérit auprès des gens quant à la signification de son rêve et on lui révéla qu’il allait mettre un terme aux fausses narrations des traditions ayant trait à notre Saint Prophète (saw) Quand il eut compris le sens de son rêve, il s’attela courageusement à réunir les traditions.
Après quinze ans de dur labeur, Hazrat Imam Bukhari (‘RA) acheva la collection des traditions, qui est mondialement reconnue comrne Sahîh Bukhari. Ce recueil est considéré comme étant le plus exact. Il est classé juste après le Saint Coran sur le plan de la valeur. Il était dans les habitudes de l’Imam Bukhari d’observer le jeûne, de prendre un bain et de faire deux rakats namaz nafil (prière facultative) avant de se mettre à écrire chaque Hadith et avant de la consigner dans Sa collection. Toute précaution a été prise lors de cette compilation. Il est dit que Imam Bukhari (‘RA) durant son sommeil avait l’hahitude de recevoir la confirmation de l’authenticité de chaque tradition de notre Saint Prophète (saw) dans son rêve. Le «Bukhari Shariff» a été traduit en 55 langues internationales.
Bukhari Shariff comprend 9282 traditions. Une fois complété, Bukhari Shariff avait été soumis à l’Imam Hambal et à Hazrat Yahyah bin Mayin et à d’autres autorités incontestables en hadiths pour approbation. Ils l’approuvèrent tous sans réserve et l’apprécièrent même. lmam Bukhari (RA) compila toutes les traditions vérifiées et correctes de 90 000 personnes. En ce qui concerne son exactitude, il est le livre qui commande le plus d’autorité dans tout le monde islamique. Le manuscrit de ce livre avait été écrit au Haram Shariff. Les présentes dispositions et descriptions des traditions telles qu’elles se présentent dans le livre, furent préparées entre la tombe de notre Saint Prophète (saw) et le Mimbar-Nabwî.

Voici une liste de personnes ayant narré les hadiths à Imam Bukhari (RA) et le nombre de leurs contributions Abou Horeira (R) 446, Hazrat Anas (R) 268, Hazrat lbné Oumar (R) 270,
Razrat Ibné Abbas (R) 217, Hazrat Ayesha (R) 42, Hazrat Qomar (R) 60, Hazrat Ah (R) 49,
Hazrat Abou Bakar (R) 22, Hazrat Osman (R) 9, Hazrat Abou Sufyan (R) une et les «Sahabiyat» 73.
Une personne pieuse vit notre Saint Prophète en son rêve. Elle fut comblée de joie et pria le Saint Prophète (saw) , de lui montrer le livre qui l’édifierait. Le Saint Prophète (saw) y répondit par une exhortation à lire son livre. Le croyant demanda au Saint Prophète «quel est votre livre» ? Le Saint Prophète répondit «Sahîh Bukhari». Cela démontre la grandeur du livre et la place que tient l’auteur dans la jurisprudence islamique.
Le monde islamique se doit à 1’Imam Bukhari (RA) pour son travail de compilation remarquable. Il en fit une science dont il a établi les règles. En sus, il a écrit un autre livre dont le titre est «Târikht-Kabir» ou «La grande histoire». Il y explique comment reconnaître le vrai narrateur de traditions. Ce livre fut traduit de l’Arabe en Allemand en 1830 à Mùnich (Allemagne). Imam Bukhari (RA) avait évrit un livre «Kitab-ul-Kunni» dans lequel il avait inclus les noms et les statuts des narrateurs de hadiths. Il écrivit également «Kitab-Ul-Zoafa» en vue de souligner comment déceler la fragilité de certaines traditions. Il réglementa en outre, la narration de chaque tradition, s’il éprouvait du scepticisme envers quelqu’un, il refusait son écrit. Il se passa ainsi de 10 000 traditions. D’ailleurs, il avait écrit plusieurs livres traitant de divers sujets ayant trait aux traditions.
Bukhari Shariff est enseigné de nos jours encore cornme texte scolaire dans beaucoup de «madressa» même hors de l’Arabie. A Médine, une nuit, Imam Bukhari (RA) vit le Saint Prophète en rêve, qui lui ordonna de se rendre à nouveau à Bukhara pour propager l’enseignement des Hadiths. Ayant habité 20 ans à Médine, et âgé de 42 ans, il regagna Bukhâra où toute la cité s’était réunie pour l’accueillir malgré le fait que presque un quart de siècle s’était écoulé depuis son départ. Ses parents étaient déjà décédés. Son frère lui remit 180 000 dinars - l’équivalent de sa part léguée par ses parents. n investit intégralement le montant dans la construction d’un bâtiment qui abrita une université où la science des Haditits était enseignée aux étudiants perses, chinois, turques et aux autres nationalités. Après avoir complété la classe terminale d’enseignements des Hadiths, les élèves recevaient leurs diplômes et ils étaient connus comme «Mohaddiçînes».Grâce à ses efforts et à sa sincérité, Buichara devint un centre d’enseignement islamique reconnu notamment pour la science des hadîths. Quelques 92000 étudiants apprirent la science des haditits de l’lmam Bukhari.
Les élèves les plus renommés de l’rmam Bukhari (RA) furent Hazrat Imam Muslim (décédé en 261 AH), Imam Tirmizi (décédé en 297 Huri), Imam Nisai (décédé en 306 Huri), Irnam Darmi, Imam Àbôu Daoud et lmam Mâja. Ils étaient tous des auteurs de hadiths authentiques. En un mot, Imam Bukhari (RA) répandit la science des Hadiths à travers le monde d’une façon exceptionnelle et efficace.
Le nouveau gouverneur de Bukhara, à cette époque, était Khalid bin Ahrnad Il était méchant et tyrannique. Il commença à opprimer les intellectuels musulmans. Imam Bukhari (RA) s’efforça, de son mieux, de le mettre sur le droit chemin mais il ne l’écouta point. Par contre il somma Imam Bukhari (RA) de quitter Bukhara. A contre-coeur, Imam Bukhari (RA) se rendit à une petite ville dite Khateng à proximité de Samarkand. Il commença à y enseigner les Hadiths. En peu de temps, la petite ville se fit une grande popularité. Les intellectuels musulmans du monde entier commencèrent à se rendre à Khateng en vue d’apprendre les traditions. La ville se fit également une réputation dans le domaine des enseignements Islamiques surtout pour ce qui est de la science des Hadiths.
Hazrat Imam Bukhari (RA) était un bel homme. Il était svelte et de stature moyenne. Son front était large et il avait de grands yeux, sa barbe était semblable à celle des habitants de Bukhara. Doué d’une voix impressionnante, sa rhétorique en Arabe était remarquablement efficace. Son allure démontrait sa grandeur et son érudition. Dès sa prime enfance, il passa des nuits blanches à prier. Cette vertu augmenta dans ses vieux jours.
Tandis que les musulmans célébraient joyeusement la fête d’Eîd-Ul-Fitr, le soleil de la science, qu’était l’Imam Bukhari (RA) s’éteignit à l’age de 60 ans en exil à Khateng, faubourg de Samarkand, le 29 Ramadhan 256 (31 Août 370) (Inna Lillahi, Wàinna Ilayhi radji-oûn). Avant de rendre le dernier souffle de la vie, il dit à un de ses amis «Considérez le temps qui vous reste à vivre comme étant inestimable et veillez à ce que vous le passiez à prier ; de peur que la mort ne vous frappe,j’ai vu bon nombre de personnes bien portantes expirer brusquement.»
Le fondateur de la science des traditions (hadiths) quitta ce monde où chaque mortel séjourne pour quelque temps, laissant derrière lui ses oeuvres qui dureront jusqu’au jour de la Rétribution.

«Sois dans ce bas monde, comme un étranger, ou un passant.»
Coran 81 - 3

«O Dieu, il n’y a d’autre vie que celle de l’Autre Monde.»
Coran 81 - 1(2)

Traduit par M. Anwar Toorabally

L’Imâm Mâlik

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le 14 mai 2008 par Omar ibn al Khattab

Introduction

L’école malékite est l’une des quatre écoles juridiques [1] les plus répandues dans le monde musulman depuis le deuxième et le troisième siècle hégirien.

Cette école, ou madhhab, doit son nom à l’illustre savant, le grand juriste, l’Imâm de Médine, Mâlik Ibn Anas, que Dieu l’agrée. Celui-ci occupa une place saillante parmi les juristes musulmans, excella dans la ville qui reçut la science et la bénédiction du Prophète, et porta le flambeau des sept célèbres juristes médinois : Abû Bakr Ibn `Abd Ar-Rahmân Ibn Al-Hârith Ibn Hishâm, Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr As-Siddîq, `Urwah Ibn Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, Sa`îd Ibn Al-Musayyab, Sulaymân Ibn Yasâr, Khârijah Ibn Zayd et `Ubayd Allâh Ibn `Abd Allâh Ibn `Utbah Ibn Mas`ûd.

L’époque de l’Imâm Mâlik

L’Imâm Mâlik naquit à la fin du premier siècle hégirien et son âme retourna à Dieu environ vingt ans avant la fin du deuxième siècle. La première moitié de sa vie s’écoula sous le Califat des Omeyyades, alors que la seconde témoigna des premiers épisodes du Califat abbasside.

Il vécut ainsi à une période mouvementée de l’Histoire islamique où émergèrent de nombreux courants de pensée religieux et politiques. Sous les Omeyyades, le Califat islamique bien-guidé fut transformé en un système monarchique. Cela généra discordes, conflits et instabilité, d’autant plus que le nouveau système instauré fut teinté d’un “nationalisme arabe”. Dans ce contexte, les non-arabes subirent des injustices et les descendants du noble Prophète - paix et bénédiction de Dieu sur lui - connurent de dures épreuves sanglantes et de regrettables oppressions.

En 132 A.H., après avoir démantelé les structures du pouvoir omeyyade, le Califat des Abbassides vit le jour. Le conflit s’attisa alors entre les Abbassides et les Alawites, malgré les liens de parenté qui les liaient… Comme pour réagir au nationalisme arabe qui avait émergé sous les Omeyyades, divers nationalismes non-arabes se développèrent sous les Abbassides. C’est alors que les courants de pensée se multiplièrent, divers groupes religieux montèrent sur scène et l’ouverture sur la philosophie grecque, les pensées persanes ou indiennes s’élargit par le biais de diverses traductions.

Les frontières du monde islamique s’étaient largement étendues à cette époque, la vie matérielle voyait son cercle s’étendre et la nécessité d’apporter des réponses religieuses à des questions originales se faisait croissante, compte tenu de la diversité des peuples ayant embrassé l’islam.

Les opinions juridiques se multiplièrent et deux principales écoles ou méthodologies se dégagèrent.

La première méthodologie, celle des Gens du Hadîth, prônait l’application stricte et rigoureuse du Coran et de la Sunnah, mettant l’accent sur la lettre et la narration. Cette Ecole eut de nombreux adeptes et trouva une terre fertile dans le Hijâz en général, et à Médine en particulier. En effet, cette méthodologie était en harmonie avec la vie à Médine, la ville du Prophète : une ville fortement attachée aux enseignements du Prophète et ayant préservé sa simplicité et son climat sain. Médine se dressa longtemps comme un rempart devant les idéologies sociales et politiques étrangères issues des nombreuses conquêtes islamiques et du contact avec de nouveaux peuples et de nouvelles cultures.

La deuxième méthodologie, l’Ecole de l’Opinion, plus interprétative que la précédente, prônait également l’attachement, le respect et l’application du Coran et de la Sunnah, mais mettait davantage l’accent sur le rôle de l’intellect dans l’appréhension et l’interprétation des énoncés ainsi que dans la déduction des jugements légaux selon les règles de cette discipline. Cette école s’était fortement répandue en Irak qui était, à cette époque, le foyer scientifique musulman le plus actif. L’Irak était fort d’une histoire scientifique riche ; le recours à la recherche et à l’analyse rationnelle était devenu familier dans l’environnement irakien, confronté à diverses cultures, notamment la culture persane où foisonnaient les idéologies et les philosophies.

L’Imâm Mâlik naquit et vécut à Médine. Il fut ainsi influencé par la vie et l’esprit de cette honorable ville. Il naquit à l’époque de l’Omeyyade Al-Walîd Ibn `Abd Al-Malik et retourna à Dieu sous le règne de l’Abbasside Hârûn Ar-Rashîd. Ainsi fut-il témoin du Califat omeyyade et du Califat abbasside et des luttes qui les opposèrent. Il fut également témoin des luttes entre les Abbassides et les Alawites, du mouvement des Khârijites, et des polémiques ayant opposé les Sunnites aux Shî`ites.

Généalogie et naissance de l’Imâm Mâlik

Il s’agit de l’un des quatre pôles de la jurisprudence islamique, Mâlik Ibn Anas Ibn Mâlik Ibn Abî `Âmir Ibn `Amr Ibn Ghaymân Ibn Khathîl Ibn `Amr Ibn Al-Hârith.

Son arrière grand-père, Abû `Âmir Ibn `Amr, fut un Compagnon du Messager de Dieu - paix et bénédiction de Dieu sur lui. Il participa à toutes les batailles du temps du Messager de Dieu, exception faite de la grande bataille de Badr.

Son grand-père, Mâlik Ibn Abî `Âmir, fut un grand Successeur qui rapporta des hadiths sur l’autorité du Commandeur des Croyants `Umar Ibn Al-Khattâb, de Talhah, de la Mère des Croyants `Â’ishah, de Abû Hurayrah et de Hassân Ibn Thâbit, que Dieu les agrée tous. Il fut l’un des quatre hommes ayant porté le Commandeur des Croyants `Uthmân Ibn `Affân, que Dieu l’agrée, à sa tombe. Il fut l’un des scribes qui inscrivirent le Coran lorsque `Uthmân réunit les codex du Coran. On rapporte en outre que le « Cinquième Calife bien-guidé », `Umar Ibn Abd Al-`Azîz, lui demandait conseil.

Quant au père de Mâlik, Anas, l’histoire ne nous apprend que peu de choses sur lui. Nous savons toutefois qu’il vécut à Dhû Al-Marwah, une oasis dans le désert au nord de Médine, et qu’il gagnait sa vie en fabriquant des arcs. Selon l’opinion la plus solide, sa mère s’appelait Al-Ghâliyah Bint Shurayk Al-Azdiyyah.

L’Imâm Mâlik naquit en 93 A.H., à Dhû Al-Marwah. Il vécut ensuite à Al-`Aqîq, une vallée dans les alentours de Médine, puis s’installa à Médine, la ville où repose le Messager bien-aimé - paix et bénédictions de Dieu sur lui.

Enfance et apprentissage des sciences islamiques

Dans son enfance, l’Imâm Mâlik mémorisa le Noble Coran, puis apprit les hadiths prophétiques et les verdicts religieux (fatâwâ) des Compagnons. Il étudia la jurisprudence de l’Ecole de l’Opinion et s’initia à la réfutation des courants déviants. Il se montra brillant dans l’acquisition des sciences islamiques et se distingua par son excellente mémoire.

Sa mère lui recommanda dans son enfance de se faire le disciple du Successeur, le Hâfidh Abû `Uthmân Rabî`ah Ibn Abî `Abd Ar-Rahmân Al-Qurashî, pour puiser dans son savoir. Rabî`ah, que Dieu l’agrée, était surnommé “Rabî`at Ar-Ra’y” pour sa rigueur et son intelligence dans l’interprétation et le raisonnement par analogie. Les savants sont unanimes quant à son éminence en matière de science et de jurisprudence. Yahyâ Ibn Sa`îd dit de lui : “Je n’ai vu plus sensé que Rabî`ah.” Le jeune Mâlik apprit la jurisprudence interprétative de l’Ecole de l’Opinion auprès de Rabî`ah et, plus tard, lorsque Rabî`ah décéda, Mâlik prononça ces mots nostalgiques : “La saveur de la jurisprudence disparut depuis la mort de Rabî`ah.”

L’étape suivante de l’apprentissage de l’Imâm Mâlik fut marquée par son initiation auprès d’un grand nombre de Sheikhs. Selon l’Imâm An-Nawawî, il eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs de Successeurs. L’Imâm `Abd Ar-Rahmân Ibn Hurmuz Al-A`raj figurait parmi ses maîtres les plus distingués. Mais parmi ses Sheikhs, nous pouvons également citer Nâfi`, le noble Successeur affranchi de `Abd Allâh Ibn `Umar, le grand Imâm Ja`far Ibn Muhammad Al-Bâqir, le juriste et savant-mémorisateur Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Ansârî le Juge de Médine, et le prédicateur aux exhortations vibrantes, Salamah Ibn Dînâr Abû Hâzim As-Sûfî.

Mâlik enseignant

L’excellence de l’Imâm Mâlik lui permit d’enseigner et de diffuser la science dès sa jeunesse. On dit même qu’il commença à enseigner à l’âge de dix sept ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son cercle de science. Plus précisément, il choisit, dans la Mosquée de Médine, l’endroit où se tenait le Calife Juste `Umar Ibn Al-Khattâb. C’est là que s’asseyait le Messager de Dieu - paix et bénédictions de Dieu sur lui. Les cours de l’Imâm Mâlik ne furent transférés chez lui que plus tard, à cause de sa maladie.

La profusion de sa science attira une foule très nombreuse, sa renommée s’étendit et il occupa une place distinguée dans le cœur des habitants de Médine.

En matière de jurisprudence, Mâlik puisait dans le Noble Coran, exigeant que l’exégète ait une excellente maîtrise de la langue arabe. Puis il s’appuyait sur le Hadîth et la Sunnah, avec une grande minutie dans l’authentification des narrations. Il considérait la pratique des gens de Médine comme un argument législatif.

Ce noble savant prolongeait la réflexion et la méditation avant d’émettre une fatwâ ou un avis juridique. Il disait : “Parfois, on me fait part d’une question et je passe toute la nuit à la traiter.” Il arrivait qu’une personne vienne le consulter pour une question juridique et reparte avec pout toute réponse de l’Imâm : “Laisse-moi, je dois y réfléchir.” La précipitation n’avait aucune place dans ses verdicts. Il en est ainsi pour tous les nobles savants qui pensent en permanence au Jour où ils comparaîtront devant Dieu.

Le scrupule de l’Imâm Mâlik transparaît aussi dans sa parole : “La chose la plus éprouvante pour moi c’est d’être interrogé sur une question du licite ou de l’illicte, car il s’agit de trancher dans la religion.” C’est ainsi que l’Imâm Mâlik passa des années sans avancer une opinion sur certaines questions complexes et ambiguës. Il dit : “Voilà une dizaine d’années que je réfléchis à une question, sans arrêter une opinion.”

Plus encore, quand l’Imâm était questionné sur une chose qu’il ne savait pas, il répondait sobrement : “Je ne sais pas.” Lorsqu’une personne insistait en lui disant : “Je suis venu jursqu’à toi de mon lointain pays pour te poser cette question et voici que tu me réponds que tu ne sais pas, toi le grand Imâm de Médine. Que vais-je dire aux miens ?” Et l’Imâm, imperturbable, de répondre : “Dis-leur que Mâlik ne sait pas.”

Famille de l’Imâm Mâlik

La femme que choisit l’Imâm pour l’accompagner dans sa vie n’était pas une femme libre. Il épousa une esclave. On rapporte que l’Imâm Mâlik avait beaucoup d’estime pour son épouse et eut d’elle trois fils - Muhammad, Hammâd et Yahyâ - et une fille, Fâtimah, appelée Umm Al-Banîn. Umm Al-Banîn connaissait l’ouvrage de son père, Al-Muwattâ’, par coeur et avait une connaissance des sciences islamiques supérieures à celle de ses frères. Lorsqu’un élève de Mâlik lisait un passage d’Al-Muwatta’ dans son cercle d’enseignement, Fâtimah se tenait derrière la porte et signalait chaque erreur de lecture en frappant à la porte. Entendant cela, Mâlik demandait au lecteur de reprendre le passage où il s’était trompé.

Quelques principes de l’école malékite

La source première sur laquelle s’appuyait l’Imâm Mâlik dans sa jurisprudence fut le Noble Coran. C’est dans les versets de la Sage Révélation qu’il cherchait les jugements légaux et les preuves juridiques. Il estimait que toute personne qui se penchait sur l’interprétation des versets coraniques devait absolument avoir une grande maîtrise de la langue arabe, la langue de la révélation. “Si on m’amène un homme qui interprète le Coran sans être savant en langue arabe, je le punirai très certainement”, disait-il. Par ailleurs, il ne tenait pas compte des israélismes [2] en matière d’exégèse.

Mais la maîtrise de la langue, outil indispensable pour l’exégète, ne suffit pas à elle seule pour puiser les jugements divins dans le Noble Coran. La Tradition du Prophète - paix et bénédiction de Dieu sur lui - illustre les versets, les expose, les explique et en revèle le sens. C’est pourquoi l’Imâm Mâlik voyait en la Sunnah la deuxième source fondamentale de la Législation islamique, conformément à la Parole de Dieu :

“Prenez ce que le Messager vous octroie ; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en.” [3]

“Quiconque obéit au Prophète, obéit à Dieu” [4]

“[...] Et vers toi, Nous avons fait descendre le Coran, pour que tu exposes clairement aux gens ce qu’on a fait descendre pour eux et afin qu’ils réfléchissent” [5]

“Non !… Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence]” [6]

En outre, les verdicts religieux et les jugements juridiques émis par les Compagnons du Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui -, occupaient une place importante dans la jurisprudence de l’Imâm Mâlik. Il pensait en effet que la pratique des Compagnons doit être annexée à la Sunnah. Aussi n’est-il pas étonnant de constater que le Muwatta’ de Mâlik compile, à côté des hadîths prophétiques, des verdicts des Compagnons. Il rapporta, par exemple, selon `Abd Allâh Ibn `Umar, qu’un homme vint le voir et dit : “Ô Abû `Abd `Ar-Rahmân, j’ai accordé un emprunt à un homme et j’ai exigé qu’il me le retourne par une chose de plus grande valeur”. Ibn `Umar répondit : “Telle est l’usure (Ribâ)”.

Lorsque l’Imâm Mâlik manifesta un tel attachement à la Sunnah du Prophète et à la guidance des Compagnons, il devint l’Imâm de la Sunnah à son époque et occupa une place très distinguée parmi les savants de l’Islam.

Il voyait dans le jugement légal émis par un compagnon une preuve solide et une branche de la Sunnah. En effet, soit le compagnon a appliqué un jugement qu’il tient du Messager de Dieu, soit la situation se prêtait à l’ijtihâd, et l’ijtihâd du compagnon découle de l’aiguisement de son sens juridique grâce à l’éducation prophétique qu’il a reçue.

Par ailleurs, il prenait en considération les opinions de certains Successeurs lorsqu’il s’assurait de leur science, de leur maîtrise de la jurisprudence et de leur éthique. Parmi ceux-là, citons `Umar Ibn `Abd Al-`Azîz, Sa`îd Ibn Al-Musayyab, Ibn Shihâb Az-Zuhrî et Nâfi` l’affranchi de `Abd Allâh Ibn `Umar.

Le consensus juridique, Ijmâ`, est une autre preuve législative considérée par Mâlik. On entend par consensus juridique l’accord des juristes et des savants musulmans sur une question donnée. A plusieurs occasions, l’Imâm Mâlik introduisait un jugement juridique par : “L’opinion qui fait l’objet d’un consensus chez nous”. Il entendait par cela : “la chose sur laquelle s’accordent les juristes et les gens de science, sans divergence”.

Il semblerait que l’Imâm Mâlik entende par “les juristes et les gens de science”, les savants et les juristes de Médine. Lorsqu’il dit “L’opinion qui fait l’objet d’un consensus chez nous”, il renverrait ainsi à l’opinion qui fait l’unanimité à Médine. C’est pour cette raison que certains savants affirment que le consensus juridique chez Mâlik, c’est la pratique des gens de Médine. La religion, ses fondements et ses branches, furent transmis et appliqués à Médine de génération en génération, depuis le temps des Compagnons. Ainsi, la pratique des savants et juristes médinois reflète avec fidélité ce qui fut transmis par les pieux prédécesseurs. C’est pour cette raison, que l’Imâm Mâlik préférait le consensus des gens de Médine aux hadîths dits ahâd.

L’analogie juridique (Qiyâs), la préférence juridique (Istihsân) et la présomption de continuité (Istishâb) constituent également des preuves juridiques pour l’Imâm Mâlik.

Le raisonnement par analogie (Qiyâs) consiste à appliquer pour un cas juridique non tranché par les sources législatives primaires le jugement prévu dans la législation pour un autre cas juridique, sachant que, au fond, la raison juridique qui motive le jugement dans le premier cas s’avère présente dans le second [7].

La préférence juridique istihsân peut se produire dans deux cas de figures. Le premier, c’est lorsque le mujtahid délaisse le recours à un raisonnement par analogie explicite au profit d’un raisonnement par analogie implicite. Le second cas de figure se présente lorsque le mujtahid favorise, pour un motif donné, un jugement exceptionnel par rapport à un jugement convenu. Si, par exemple, le dévoilement de la `awrah est illicite, une exception sera faite à ce jugement pour des raisons médicales où le patient devrait exposer des membres de sa `awrah au médecin. Dans ce cas de nécessité médicale, la préférence est donnée au jugement exceptionnel.

Enfin, l’Istishâb stipule que le jugement légal relatif à une chose est conforme à son état dans le passé, aussi longtemps que rien ne prouve que cet état a changé, et que le jugement établi dans le passé est valide dans le présent, jusqu’à ce qu’une preuve motivant un changement soit avancée.

Mâlik prenait aussi en considération la réalisation de l’intérêt public (Al-Masâlih Al-Mursalah) et l’obstruction aux prétextes (Sadd Adh-Dharâ’i`) [8].

Par ailleurs, l’Imâm Mâlik prenait en compte l’usage (`Urf) et la coutume (`Âdah). Il s’agit de conventions relatives aux paroles, aux actes ou aux abstentions, répandues parmi les gens et consacrées par l’usage. Le recours à l’usage peut être fait par le savant à condition qu’il n’y ait pas de texte dans le Coran ou la Sunnah tranchant la question et que cela n’entraîne pas de mal ou de nuisance.

Ce tour d’horizon rapide témoigne de la richesse des mécanismes juridiques de l’école malékite. Il convient de noter que la plupart de ces sources législatives sont également considérées dans les autres écoles juridiques sunnites.

Elèves de l’Imâm Mâlik

Si les maîtres de l’Imâm Mâlik furent très nombreux, il en fut de même pour ses élèves. Ce contact privilégié avec l’Imâm Mâlik fut sans doute favorisé par sa présence à Médine, lieu de passage par excellence des pélerins venus prier dans la mosquée du Prophète Muhammad et le saluer dans sa tombe illuminée. Pendant leurs séjours, de durées variables, les étudiants et les savants parmi les pélerins, faisaient connaissance avec les savants de Médine et fréquentaient leurs cercles d’enseignement. La prééminence de l’Imâm Mâlik à Médine fit de lui une référence incontournable pour tout savant ou étudiant vivant à Médine ou y séjournant provisoirement. Par ailleurs, la longue vie que Dieu accorda à Mâlik explique aussi le nombre conséquent de ses élèves. La plupart des Imâms dont l’étoile brilla du vivant de l’Imâm Mâlik étaient ses élèves, originaires de diverses contrées.

Certains de ses maîtres parmi les Successeurs rapportèrent des hadîths de lui. C’est le cas notamment d’Az-Zuhrî, Ayyûb As-Sikhtiyânî, Abû Al-Aswad, Rabî`ah Ibn Abî `Abd Ar-Rahmân, Yahyâ Ibn Sa`îd Al-Ansârî, Mûsâ Ibn `Uqbah et Hishâm Ibn `Urwah.

Certains de ses pairs rapportèrent aussi le hadîth de lui, comme Sufyân Ath-Thawrî, Al-Layth Ibn Sa`d, Sufyân Ibn `Uyaynah, Abû Hanîfah, Abû Yûsuf et de nombreux autres.

Parmi ses élèves citons enfin, le disciple de l’Imâm Abû Hanîfah, Muhammad Ibn Al-Hasan Ash-Shaybânî, et l’Imâm Ash-Shâfi`î.

L’épreuve de la prison

L’Imâm Mâlik vécut sous le Califat des Omeyyades, puis celui des Abbassides. Les historiens rapportent qu’il fut flagellé, châtié et humilié sous le Califat de Abû Ja`far Al-Mansûr, et avancent pour cela différentes raisons.

Selon une opinion, l’Imâm Mâlik enseignait un hadîth établissant qu’un serment prêté sous la contrainte est nul. Al-Mansûr n’aimait pas que ce hadîth soit diffusé, de peur que ses adversaires en profitent pour se débarasser de l’allégeance forcée qu’ils lui avaient prêtée. Il aurait ordonné à l’Imâm Mâlik de ne pas enseigner ce hadîth et le refus de Mâlik aurait entraîné le châtiment qu’il a subi.

Selon une autre opinion, similaire à la précédente, des gens auraient demandé à l’Imâm Mâlik s’il était licite de s’allier à Muhammad Ibn Abî `Abd Allâh Al-Hasan pour se révolter contre les Abbassides, malgré l’allégeance qu’ils avaient prêtée à Abû Ja`far Al-Mansûr… On rapporte qu’il expliqua que cette allégeance fut scellée de façon forcée et que celle-ci était, par conséquent, non avenue. Il leur aurait même recommandé de s’empresser de soutenir Muhammad Ibn Abî `Abd Allâh Al-Hasan… La nouvelle serait parvenue à Al-Mansûr qui fit venir Mâlik, en 147 A.H., et lui infligea l’épreuve du fouet au point que son épaule se déboita.

Selon une autre opinion encore, la raison de cette humiliation, c’est que Mâlik avait donné la prééminence à notre maître `Othmân Ibn `Affân par rapport à notre maître `Alî Ibn Abî Tâlib, que Dieu les agrée tous deux.

Mais l’opinion la plus connue et la plus correcte à ce sujet, c’est que l’Imâm Mâlik enseignait le hadîth établissant que le serment prêté sous la contrainte est nul. Mais il parvint à Ja`far, gouverneur de Médine et cousin du Calife Al-Mansûr, que l’Imâm Mâlik annulait l’allégeance qu’ils reçurent des gens. Certains proches de Ja`far lui recommandèrent d’agir avec prudence car l’Imâm Mâlik jouissait d’un rang élevé auprès du Calife. Ja`far envoya des gens demander à l’Imâm le jugement légal relatif au serment forcé, puis les prit pour témoins, fit venir Mâlik et ordonna qu’il reçoive soixante-dix coups de fouet. La nouvelle se propagea à Médine comme le feu dans la paille et bientôt la ville allait entrer en ébullition sous la colère des Médinois indignés.

L’incident parvint rapidement au Calife, qui exprima à son tour son indignation et affirma ne pas être au courant de cela. Il démit son cousin de son poste de gouverneur et le fit venir de Médine à Bagdad à dos de chameau. En outre, il demanda à l’Imâm Mâlik de bien vouloir venir à Bagdad, mais le juriste de Médine déclina cette demande. Le Calife envoya alors une lettre à Mâlik l’informant qu’il souhaiterait le voir à la prochaine saison de pélerinage. L’Imâm rencontra ainsi le Calife à Minâ. Al-Mansûr le voyant quitta l’endroit où il était assis, s’installa sur un tapis par terre et ne cessa de demander à l’Imâm de s’approcher de lui, jusqu’au point où leurs genoux se touchèrent, pour ainsi manifester son affection pour le juriste médinois. Puis le Calife jura qu’il n’avait guère ordonné ce qui fut, qu’il n’était même pas au courant, et raconta son énorme indignation quand cette fâcheuse nouvelle agressa son ouïe. Il s’excusa auprès de l’Imâm Mâlik et l’informa qu’il avait ordonné que Ja`far soit châtié et humilié. Mais l’Imâm Mâlik loua Dieu, salua son Prophète et dit au Calife qu’il pardonnait à Ja`far pour son lien de parenté avec le Prophète et son lien de parenté avec le Calife.

Puis la conversation se prolongea entre les deux hommes et le Calife aborda les récits des prédécesseurs et des savants, les sujets consensuels en matière de jurisprudence, et les questions qui font l’objet de divergences entre les juristes, au point que l’Imâm Mâlik attesta de sa culture et de son intelligence.

A cette occasion, le Calife demanda à l’Imâm Mâlik de rédiger un ouvrage, adoptant une voie médiane et consignant ce qui fit l’unanimité des Compagnons et des Imâms parmi les savants. Il promit à l’Imâm Mâlik de diffuser cet écrit dans les pays musulmans afin que les gens s’y tiennent.

Les ouvrages de l’Imâm Mâlik

Le plus célèbre ouvrage composé par l’Imâm de Médine, c’est Al-Muwatta’. Il s’agit d’un ouvrage compilant des éléments de la Sunnah purifiée, ainsi que certaines opinions juridiques émises par les nobles Compagnons, les Successeurs et autres savants parmi les pieux prédécesseurs.

On lui attribue quelques autres ouvrages et épîtres comme :

Tafsîr Gharîb Al-Qur’ân Al-Karîm (Interprétation des singularités du Noble Coran).

Kitâb As-Surûr (Le livre de la félicité).

Une épître traitant de la Fatwâ, une autre traitant d’astrologie, et une troisième apportant une réplique aux Qadariyyah (adhérant à la doctrine de la prédestination et du fatalisme).

L’érudit, l’Imâm Jalâl Ad-Dîn As-Suyûtî cita ces ouvrages et quelques autres dans Tazyîn Al-Mamâlik (L’ornement des royaumes). Toutefois, des doutes subsistent quant à l’authenticité de leur attribution à Mâlik.

Mais le livre le plus précieux que ce juriste laissa à la postérité, c’est Al-Muwatta’. L’attribution de ce livre à son auteur relève de la certitude. On relate que l’apparition de nombreuses sectes et la propagation de leurs croyances poussèrent l’Imâm Mâlik à consigner la science qui lui était parvenue, avant qu’elle ne s’évanouisse de génération en génération ou qu’elle ne soit négligée ou oubliée. On rapporte aussi que ce livre fut rédigé à la demande du Calife Abbasside, Abû Ja`far Al-Mansûr. Le Calife voulait que Mâlik rédige un livre accessible où il adopterait une voie médiane et aisée, entre la rigueur outrancière et la souplesse excessive, dans les positions juridiques adoptées. Cela aurait motivé le titre même de l’ouvrage Al-Muwatta’…

Mâlik rédigea cet ouvrage pendant plus de dix ans et ne cessa de le mettre à jour et de l’enrichir pendant près de quarante ans. Hârûn Ar-Rashîd lui proposa de l’accrocher à la Ka`bah, à la Mecque Honorée, pour témoigner de ses vertus et pousser les gens à s’y conformer. Mais l’Imâm Mâlik déclina cette offre et justifia son refus en ces termes : “Ô Emir des Croyants, quantà accrocher Al-Muwattâ’ à la Ka`bah, [je ne le souhaite pas], car les Compagnons du Messager de Dieu - paix et bénédictions de Dieu sur lui - divergèrent dans les jugements dérivés et se dispèrent dans les pays, et chacun estime avoir raison.”

C’est ce respect des divergences argumentées et solides en matière de jurisprudence qui poussa l’Imâm Mâlik àsecomporter ainsi. Plus encore, Mâlik vit en ces divergences, basées sur des preuves tangibles, une miséricorde pour les serviteurs de Dieu : “Ô Emir des Croyants, la divergence entre les savants est une miséricorde de Dieu envers cette communauté”, dit-il.

Il convient de noter que cet ouvrage n’est pas un reccueil de Hadîth au sens classique du terme. Il s’agit d’un ouvrage de Fiqh où l’Imâm Mâlik souhaita exposer les opinions qui relèvent du consensus dans la jurisprudence médinoise, s’appuyant sur des preuves issues de la Sunnah considérée et appliquée à Médine. C’est dans cette perspective qu’il déclina les questions juridiques.

On rapporte que l’Imâm Ash-Shâfi`î dit : “Il n’y a sur terre de livre de science (islamique) plus correct que le Muwatta’ de Mâlik.” L’Imâm An-Nawawî cita cette parole et nota que “Cette opinion d’Ash-Shâfi`î est préalable à la rédaction des deux Sahîh d’Al-Bukhârî et de Muslim.”
Quelques ouvrages célèbres de l’école malékite

Nous citons ci-dessous quelques ouvrages et références de l’école malékite :

Mukhtasar Khalîl de Khalîl Ibn Ishâq Ibn Mûsâ.

Bidâyat Al-Mujtahid wa Nihâyat Al-Muqtasid de Abû Al-Walîd Ahmad Ibn Muhammad Ibn Rushd (Al-Hafîd).

Minah Al-Qadîr `alâ Mukhtasar Khalîl de Muhammad Ibn Ahmad Ibn `Arafah Ad-Desûqî.

Tuhfat Al-Hukkâm de Abû Bakr Muhammad Al-Gharnâtî.

Al-Furûq de Ahmad Ibn Idrîs Al-Qarâfî.

Tabsirat Al-Hukkâm de Muhammad Ibn Farhûn Al-Ya`murî.

Az-Zurqânî `alâ Al-Muwattâ’ de Muhammad Ibn `Abd Al-Bâqî Az-Zurqânî.

Mawâhib Al-Jalîl fî Sharh Mukhtasar Khalîl de Al-Hattâb Al-Maghribî.

At-Tâj wa Al-Iklîl li Mukhtasar Ash-Sheikh Khalîl de Muhammad Al-Gharnâtî.

Al-Musawwâ min Ahâdîth Al-Muwatta’ de Waliyy Ed-Dîn Ad-Dahlâwî.

Décès de l’Imâm

L’Imâm Mâlik tomba malade pendant vingt-deux jours. La nuit de son décès, Abû Bakr Ibn Sulaymân As-Sawwâf vint dans une assemblée lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé : “Comment te sens-tu aujourd’hui ?”, demanda-t-il au juriste de Médine. Mâlik répondit : “Je ne sais quoi vous dire. Demain, vous verrez du Pardon de Dieu ce que vous n’aviez pas prévu.” Peu de temps après, l’Imâm Mâlik rendit son âme bénie.

Il décéda à Médine le 14 Rabî` Al-Awwal 179 A.H., selon l’opinion la plus correcte, et fut enterré au cimetière d’Al-Baqî`. Puisse Dieu l’agréer et nous faire profiter de sa science dans les deux demeures.
Cette présentation s’appuie sur le 6e volume de Yas’alûnaka fi Ad-Dîni wa Al-Hayâh de Sheikh Ahmad Ash-Sharabâsî. Certaines considérations juridiques s’appuient sur `Ilm Usûl Al-Fiqh de Sheikh `Abd Al-Wahhâb Khallâf.

[1] Les quatre écoles juridiques sunnites les plus répandues sont : l’école hanafite, l’école malékite, l’école shaféite et l’école hambalite.

[2] Les israëlismes sont des traditions et des idées juives que certaines personnes bien ou mal intentionnées ont tenté au cours de l’histoire d’incorporer dans l’Islam et dans la Sunnah, bien qu’étant en contradiction avec ceux-ci. NdT

[3] Sourate 59, l’Exode, Al-Hashr, verset 7.

[4] Sourate 4, An-Nisâ, verset 80.

[5] Sourate 16, An-Nahl, verset 44.

[6] Sourate 4, An-Nisâ, verset 65.

[7] Un exemple du raisonnement analogique fut mené par les savants pour interdire toute transaction depuis l’appel à la prière du vendredi jusqu’à la fin de celle-ci. En effet, le Législateur interdit explicitement la vente après l’appel à la prière du vendredi : “Ô vous qui avez cru ! Quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l’invocation d’Allah et laissez toute vente.”, Sourate 62, Al-Jumu`ah, verset 9. Or la raison d’être de cette interdiction c’est la distraction résultant de ce commerce ; distraction qui empêche le musulman d’accourir, immédiatement, à la mosquée pour écouter le sermon et accomplir la prière. Ainsi, toute transaction - le bail, le troc, etc. - ou oeuvre qui distrait le musulman d’accourir à la prière du vendredi devient, par analogie, répréhensible.

[8] Sadd Adh-Dharâ’i` consiste à condamner de manière préventive ce qui mène au mal.

L’Imam Ahmad Ibn Hambal

Publié dans Biographie avec des tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , le 14 mai 2008 par Omar ibn al Khattab

Quelques date de la vie de Ahmad Ibn Hambal retracées par le Dr Hebri Bousserouel et extrait de “Les savants oublier de l’histoire”. Numérisé par Assabyle.coM

Il est l’imam de Bagdad, le célèbre théologien, jurisconsulte et traditionniste Musulman né en 164H. C’est l’une des personnalités les plus fortes de l’Islam, qu’il a profondément marqué aussi bien dans son développement historique que dans son renouveau contemporain. Il est fondateur de l’une des quatre grandes écoles sunnites, l’école hambalite, mais inspira aussi, dans une certaine mesure, le réformisme conservateur de la Salafiya.

Ahmed Ibn Hambal est un Arabe. Il appartenait à la tribu des Banou Chiban qui avaient joué un rôle actif dans la conquête de l’Irak et celle du Khorasan. D’abord installée à Basra, la famille se transporta à Merw avec le grand-père d’Ahmed ibn Hambal Ibn Hilal, qui fut gouverneur de Sarakhs sous les Omeyyades. Et l’un des premiers propagandistes Abbasides. Ahmed ibn Hambal naquit en rabi’ 2 164H, quelques mois après que son père, Mohammed ibn Hambal, qui appartenait à l’armée du Khorasan, se fut établi à Bagdad où il mourut trois ans plus tard. Un petit héritage familial permit à Ahmed de mener une existence modeste, mais indépendante.

Après avoir étudié à Bagdad la lexicographie, la jurisprudence et la tradition, il se consacra, à partir de 179H, à l’étude de la tradition, après quoi, il entreprit une série de voyages qui le conduisirent en Irak, au Hidjaz, au Yémen et en Syrie. En 183H déjà, il fit une apparition à Koufa. Ses séjours furent beaucoup plus fréquents à Basra, où, après une première visite en 186H, il y retournera en 190H, 194H et 200H.

C’est à la Mecque, où l’appelaient les devoirs du pèlerinage dont il s’acquitta à cinq reprises, qu’on le voit le plus souvent : en 187H 91H, 196H, 197H avec une retraite pieuse à Médine, et 198H avec une seconde retraite pieuse jusqu’en 199H après quoi il se rendit à Sana (actuelle capitale du Yémen) auprès du traditionniste ‘Abd Er-Razaq.
Ses études de fiqh (jurisprudence musulmane) et de Hadith (traditions prophétiques) furent accomplies sous la direction d’un grand nombre maîtres dont les noms sont conservés. A Bagdad, il fréquenta les cours du cadi Abou Youcef (mort en 182H) disciple d’Abou Hanifa. Qui n’exerça pas sur lui une influence bien profonde. Et suivit l’enseignement de Housaym ben Bachir, un disciple d’Ibrahim El-Nakh d’une façon continue durant six années consécutives. Son principal maître fut ensuite Soufyan ben ‘Ouyayna (mort en 198H), l’autorité principale de l’école du Hidjaz.
On peut encore citer, parmi les principaux maîtres d’Ibn Hambal, Abd Er-Rahman ibn Mehdi de Basra (mort en 198H) et Waqib Ibn Djarrah (mort en 197H) de Koufa. Comme le fait remarquer Ibn Tayymiyah dans son Minhadji es-sounna, “la voie de la tradition”. VI, 143.
C’est à l’école du Hadith du Hidjaz qu’il convient de rattacher avant tout la formation juridique d’Ibn Hambal. On ne saurait voir en lui, un simple disciple d’Esh-Shafi’i, dont il a connu l’oeuvre juridique. Il le rencontra personnellement à Bagdad, en 195H.
La politique que mena El-Ma’moun, dans les dernières années son règne, sous l’influence de Bichr el-Mariai, en accordant aux mou’tazalite un appui officiel, devait inaugurer, pour Ibn Hambal une ère de persécutions qui lui valurent une retentissante célébrité.

Ibn Hambal refusa énergiquement d’accepter le dogme de la création du Coran contraire à l’orthodoxie. Informé de l’incident à Tarsou El-Ma’moun ordonna qu’on le lui envoyât, avec un autre réfractaire, Mohammed ibn Nouh.

Ahmed ibn Hambal et ibn Nouh, mis aux fers et expédiés au calife, venaient de quitter Raqa, quand ils apprirent la nouvelle de sa mort. Renvoyés tous deux à Bagdad, Ibn Nouh mourut au cours de son retour, et Ibn Hambal fut, dès son arrivée, emprisonné d’abord à la yassiriya, puis dans la maison des Emirs (Dar el-’Oumara), enfin dans une prison commune du quartier de Mawassili (Derb et Mawassil).

Le nouveau calife, El-Mou’tacim, qui était pourtant enclin à abandonner l’inquisition fut convaincu par le cadi mou’tazilite, Ahmed ibn Abi Dou’ad, qui fit valoir, dit-on, combien il pourrait être dangereux, pour l’autorité de l’Etat, de paraître abdiquer une position officiellement affirmée. Ibn Hambal fut donc convoqué à comparaître, en Ramadan 219H, devant le calife, refusant toujours, avec la même obstination, de reconnaître la création du Coran. Il reçut une sévère Flagellation, puis fut autorisé à regagner son domicile, après un emprisonnement qui avait duré en tout deux ans et demi. Pendant tout le règne d’el Mou’tacim, il mena une vie retirée, mais continuant à donner des cours de tradition.

A l’avènement d’El-Wathiq, Ahmed ibn Hambal reprit ses cours de tradition publiquement. Aussi continua-t-il à mener la même vie retirée, pour échapper à ses ennemis (Manakib, 348-349).
La restauration du Sunnisme par El-Moutawakel à son avènement en 232H, permit à Ibn Hambal de reprendre son activité de professeur. Ibn Hambal cependant ne figure pas parmi les traditionnistes que le calife chargea, en 234H, de mener la lutte contre les Djahmiya et les Mou’tazila (Manakib, 356H).

La disparition des personnages qui avaient joué un rôle de premier plan lors des persécutions allait permettre un rapprochement entre le nouveau calife et l’indépendant théologien. Ahmed ibn Abi Dou’ad fut destitué en 237H et son successeur, Ibn Aktham, passait même, pour avoir été recommandé au calife par Ibn Hambal (Bidaya we n-Nihaya, x, 315-16, 319-29). Ibn Hambal fut, en 237H, invité par Moutawakel à se rendre à Samarra. Il semble que le calife ait voulu lui confier le soin de donner des leçons de Hadith au jeune prince El-Mou’taz, et on peut également supposer qu’il ait songé à se servir de l’illustre théologien pour sa politique de restauration sunnite. Ce voyage à Samarra fut, pour Ibn Hambal, l’occasion de reprendre, en évitant toute compromission contact avec le monde de la cour Abbaside. Il fut accueilli à son arrivée par le ministre Waçif, installé dans la riche maison d’Itakh, comblé cadeaux. Présenté à El-Mou’taz, mais libéré sur sa demande, en raison de son âge et de sa santé de toute charge particulière. Après un court séjour, Ibn Hambal s’en retourna à Bagdad sans avoir rencontré le calife (Manakib, 172-378. Tardjama “la Traduction”, 58-75. Bidaya we n-Nih “livre Le début et la Fin” tome X, pages 314, 316, 337-340)
Les deux épouses légitimes d’Ibn Hambal lui avaient donné chacune un fils, Salih et Abd Allah. D’une esclave concubine, il a eut six enfants qui ne sont pas autrement connus. Salih né à Bagdad en 203H, et Abd Allah en 206H à Isfahan exerçait les fonctions de cadi, passe pour avoir transmis une grande partie du fiqh “jurisprudence musulmane” de son père Ahmed ibn Hambal KitabTabagat les degrés” tome 1, pages 173-176). Abd Allah (né en 21